Parution «BeÂ…mi Zen, grande fugue et petites réflexions»

Au Maroc, la rentrée littéraire n’est pas une tradition établie. Aussi ne trouve-t-on rien à  se mettre sous la dent pour se distraire des ultimes moiteurs estivales.

Au Maroc, la rentrée littéraire n’est pas une tradition établie. Aussi ne trouve-t-on rien à se mettre sous la dent pour se distraire des ultimes moiteurs estivales. Raison suffisante pour nous réjouir de la parution exceptionnelle du premier livre du jeune Mohamed Alami Berrada (27 ans), cadre supérieur dans une entreprise casablancaise de son état et, accessoirement, chroniqueur au magazine Tel Quel. Sous un titre intrigant, Be…mi Zen, grande fugue et petites réflexions(*), il nous embarque dans un périple spirituel, dont on ne sort pas indemne. L’auteur non plus, sauf que lui le pressentait dès le largage des amarres. «Plus mon avion se rapprochait de sa destination, New Delhi, plus je m’interrogeais sur ma vie, et sur les raisons qui me l’avaient fait fuir, si brusquement…» Puis, sans crier gare, Mohamed Alami Berrada entraîne, à la manière d’un Kerouac, le lecteur, qui n’en demandait pas tant, sur les routes du Rajahstan. Mais le récit n’est pas seulement une joyeuse évasion au cœur de l’Inde mythique, il est aussi une quête de quiétude, sur les traces de Bouddha, pour exorciser les démons d’un insoutenable Occident intériorisé. A méditer fortement par ces temps de bruit et de fureur.
* Senso Unico éditions, septembre 2006, 136 pages, 49 quadrichromies.