Moonfest : de la musique à  l’écoute de la nature

Du 30 septembre au 2 octobre, Lalla Takerkoust a reçu la IVe édition du festival Moonfest. Au cÅ“ur du Moyen-Atlas, la nature s’entremêle à  la musique pour une ode à  l’éco-citoyenneté.

«S’humaniser ou périr : ainsi pourrions-nous présenter l’enjeu auquel nous voilà confrontés», disait le scientifique Hubert Reeves. Et c’est par ces mots que l’on comprend l’esprit même du Moonfest, le premier festival éco-citoyen marocain. Âgé de (seulement) 4 ans, le jeunot de la scène culturelle humanise cette dernière et son public en se voulant mécène d’une nature en péril. Et pour ce faire, quel meilleur endroit que les jupons de Lalla Takerkoust : tous les festivaliers vous le diront, c’est un spot culte, mythique, magique ! Un lac artificiel mais authentique, bordé de terres ancestrales. Un cadre idyllique qui reçoit chaque année près de 15 000 âmes sensibles, férues de musique et un peu militantes écologistes. Vous imaginez déjà une foule de bobos des années soixante, hippies herbivores aux lunettes colorées et chemises à fleurs, mais détrompez-vous. Le public du Moonfest est aussi varié que la discographie de Madonna ! Badr, fidèle à l’événement, témoigne : «Ce qui caractérise le Moonfest, c’est peut-être le fait qu’on y rencontre de tout : des grands, des petits, des hommes, des femmes, des écolos, des rockeurs. Pour vous dire, j’ai même croisé mon prof de maths !». Une potion secrète qui assure la diversité d’un public passionné, une logique qui fait opérer la magie ? Juste un programme hétéroclite toutes générations confondues, un véritable mélange des époques et des cultures. En effet, et pour ne citer qu’eux, la fusion de Hoba Hoba Spirit, le rock de Lazywall, le reggae de Bob Maghrib ou encore le rap de Barry se sont subtilement mêlés à la guitare du légendaire Rouicha, au lyrisme amazighe de Outaleb et à autant de voix de Lhaouz, de quoi faire dandiner les plus dubitatifs.

Les matinées du Moonfest

La singularité première du Moonfest, c’est qu’en plus des somptueux concerts sous ciel étoilé, les festivaliers peuvent grâce au large éventail d’activités mises à leur disposition, s’amuser à découvrir en journée le patrimoine qui est mis au cœur de ces animations, arbitrées en trois axes. Qu’il soit artisanal, environnemental ou musical, il est présenté et honoré sous toutes ses coutures. On se souviendra des ateliers (pour adultes et enfants) de peinture, sculpture, yoga, du Souk associatif devenu cultissime, et aussi des mini-concerts à la découverte de la musique traditionnelle. Sans oublier que le tout est parsemé de conférences et d’actions concrètes sur le terrain pour la sensibilisation au respect de l’environnement. Badr ajoute : «Cette 4e édition était plus élaborée niveau programmation. On devait se contenter de quelques heures de sommeil la nuit et multiplier les siestes. Mais ce n’est que du plaisir !».
Le temps d’un week-end vert aux nuits célestes et aux journées rougies par le soleil, authenticité et avant-gardisme fourmillent pour le plus grand plaisir des incorruptibles mé(co)lomanes que nous sommes !