Monsef Sakhi : «La culture est une question d’intérêt public»

Monsef Sakhi est journaliste à  2M. Il y anime une nouvelle émission qui présente, commente et décortique l’actualité culturelle.

Présentez-nous «2M Mag», sa ligne directrice, son équipe, ses ambitions…

2M Mag est un magazine culturel qui dure vingt-six minutes, diffusé un dimanche sur deux, pour l’instant. Car nous comptons passer prochainement à un rythme hebdomadaire pour mieux accompagner l’actualité culturelle. Ça bouge pas mal, partout au Maroc. Nous voulons sortir de l’axe Rabat-Casa en proposant des sujets tournés dans d’autres villes et en donnant la parole à des talents qui n’ont pas toujours accès aux médias. Des artistes, des écrivains peu connus. Nous sommes une équipe rédactionnelle très réduite. Nous sommes deux journalistes à bosser dessus. Le magazine est réalisé par Abdellatif Talbi qui a une longue expérience en matière de réalisation d’émission culturelle. La regrettée émission «Namadij», c’était lui…

Selon vous, la culture est-elle suffisamment ou insuffisamment représentée dans nos médias audiovisuels ?

La culture est le parent pauvre des médias. Et c’est vraiment dommage. Une injustice que la deuxième chaîne veut réparer en programmant de nouveaux rendez-vous culturels. Outre 2M Mag, Ahmed Zayed accueille dans son émission hebdomadaire dédiée à la littérature, Annaquid, des invités de qualité. D’autres rendez-vous culturels doivent s’ajouter à la grille de programme. C’est le devoir du service public.

Rappelez-nous l’intérêt pour la société de démocratiser, de largement diffuser la culture.

La culture cultive. C’est donc une question d’intérêt public ! C’est bien de l’inclure dans le cahier des charges et d’y accorder une place importante dans la programmation de 2M. C’est écrit noir sur blanc. Maintenant, au boulot ! La culture est indispensable à tout processus de démocratisation. Et c’est pour cela qu’il faut encourager la création au lieu de la juguler ou de la censurer. Il faut aussi démocratiser la culture en la rendant accessible à tout le monde et non pas à une certaine catégorie socioculturelle appelée «élite».   

Prévoit-on de l’enquête, du reportage poussé sur les problématiques de la culture ?

2M Mag est un magazine d’actualité culturelle. Mais pas seulement. Il ne s’agit pas de faire que du «factuel» mais de jeter la lumière sur des problématiques liées à la culture, à travers nos reportages et nos interviews. Nous avons déjà parlé, par exemple, de la marginalisation de certains festivals comme celui de la danse contemporaine à Marrakech. Nous avons parlé de l’épineux dossier du patrimoine architectural casablancais qui s’effrite sous les pelleteuses. Donc, on peut traiter de sujets dits «sérieux» de différentes manières, pas seulement en se cantonnant au genre «enquête». Ceci dit, l’«enquête» reste le dada de tout journaliste. Et l’équipe de 2M Mag en proposera quelques-unes dans les prochains épisodes. Il ne s’agit pas de survoler ce genre de sujets, mais de poser les vraies questions et d’essayer d’y apporter des réponses concrètes. Il ne s’agit pas de se contenter de subir l’actualité. Mais de la créer. Pourquoi pas ?