Mehdi El Maà¢chir : «L’imagination est une force qu’il faut sans cesse cultiver»

Mehdi El Maà¢chir est l’auteur du blog de BD «Bonnet du forme». En lice pour le concours Révélation blog organisé par le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, ce bédéiste marocain au coup de crayon affûté et aux personnages attachants nous parle de son métier et de ses efforts pour percer dans un univers professionnel passionnant mais loin d’être tendre.

Le métier d’auteur de bandes dessinées est fait de passion et d’abnégation. Parlez-nous d’abord de la passion, comment l’avez-vous découverte, cultivée ?

Comme beaucoup, j’ai découvert la bande dessinée durant mon enfance. Pour m’encourager à lire, mes parents m’ont mis très tôt des livres dans les mains. Parmi eux, il y avait des albums de Tintin et Astérix. Plus que la BD, j’ai une réelle passion pour les histoires. Je la cultive en regardant des dessins animés, des séries ou des films, ce qui m’a donné envie d’en raconter. J’ai alors exploré différents moyens d’expression pour y parvenir, notamment le cinéma et le jeu vidéo. Finalement, j’ai réalisé que le dessin est celui par lequel mes histoires sont le mieux comprises. Depuis, je m’inspire du petit garçon que j’étais pour raconter celles qui lui auraient plu.

La question ingrate : Comment devient-on auteur de bédé ? Quelles études suit-on ? Comment démarre-t-on son parcours professionnel ? Quels conseils adressez-vous à un bachelier qui souhaite arpenter cette voie ?

Je crois qu’on devient auteur de bandes dessinées quand on est défini comme tel, par soi ou par les autres. Suivre des études d’arts est une excellente occasion d’expérimenter et d’apprendre à se connaître. Cependant, un diplôme de bandes dessinées ne permet pas de devenir automatiquement un auteur. Pour ma part, j’ai suivi des études à l’Ecole Supérieure d’Arts Saint-Luc de Liège. Quand on démarre son parcours professionnel, il est important de s’imposer une rigueur de travail. Beaucoup de jeunes auteurs veulent être publiés par de grosses maisons d’édition alors qu’ils ne dessinent aucune planche. Alimenter un blog ou publier des fanzines sont alors de bons moyens pour débuter. L’étape suivante est de se constituer un portfolio, développer ses projets et démarcher des éditeurs. Si je ne devais donner qu’un conseil à un bachelier qui souhaite arpenter cette voie, ce serait de cultiver sa curiosité. Les métiers créatifs demandent de trouver des liens là où il n’y en a pas, l’imagination est donc une force qu’il faut entretenir.

Auriez-vous pu étudier ou exercer ce métier au Maroc ?

Je sais qu’il existe des écoles d’arts au Maroc, mais pas de bandes dessinées. J’ignore si j’aurais pu l’étudier. Cependant, il est possible d’y exercer ce métier, les échanges avec les éditeurs se déroulant presque exclusivement par mail. Néanmoins, rencontrer des professionnels et des jeunes auteurs m’a beaucoup appris, je n’aurai pas eu les mêmes opportunités au Maroc.

Que pensez-vous du fanzine marocain «Skefkef mag»?

Il a l’air chouette ! Je suis très heureux de voir qu’il existe une scène du fanzinant au Maroc. Dès que je peux, je me ferai un plaisir de le lire.

*Pour découvrir les planches de Mehdi El Maâchir, tapez bonnetduforme.blogspot.com.
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