Mawazine… c’est aussi cette exposition originale d’art contemporain

De prestigieux noms de l’art contemporain exposent leurs Å“uvres à  Bab Rouah et à  Bab El Kébir, à  Rabat.
Des pièces dérangeantes qui ne supportent pas les lectures faciles.

Rencontre. C’est le nom de l’exposition qui a lieu à Bab Rouah et à Bab El Kébir à Rabat, en marge du Festival Mawazine et qui se poursuit jusqu’au 22 juin(*). Rencontre, c’est un étrange mélange de pièces d’art, d’œuvres contemporaines qui laissent souvent perplexe. «Une œuvre d’art se distingue en premier lieu par son rayonnement et son extravagance. L’œuvre dénote une technicité, transmet une émotion, irradie de la beauté. Elle touche, éveille des souvenirs, suscite des sensations. Lorsque la première rencontre a été positive, l’œuvre d’art vous invite à la réflexion et à une étude de ses sens», préviennent les organisateurs de l’exposition.
Et ils font bien de nous prévenir ! Car à l’entrée de Bab El Kébir s’impose un drôle d’objet, signé Richard Deacon. Ceux qui osent l’incursion dans l’imaginaire débordant de l’artiste auront certainement du mal à  saisir le sens de cette composition encombrante et pas très accueillante. «La forme bombée, nous dit-on, évoque une sinuosité de la pensée». Incompréhensions et questionnements nous accueillent de prime abord. Mais l’exposition est ainsi faite, elle soulève plus de questions, d’émotions qu’elle n’apporte de réponses. A côté de ces formes alambiquées, d’autres, facilement reconnaissables. Des bonbonnes de gaz que le célèbre Vim Deloye transforme en objets précieux. L’artiste les a habillées de motifs de Delft évoquant ainsi la porcelaine. L’objet grossier devient délicat. Le créateur aime l’ambiguïté et la dualité. A Bab Rouah, c’est un autre univers qui accueille le visiteur. Un univers tout aussi étrange qui nous embarque dans un monde nouveau et ne nous lâche plus. Tout d’abord, c’est  une robe sculpture verte qui attire l’attention par sa rigidité car construite autour d’une structure métallique. En s’approchant, l’on découvre que la robe de Jan Fabre est fabriquée à partir de scarabées. Ces insectes qu’il appelle affectueusement «les guerriers de la beauté». Selon l’artiste, «ces insectes prennent une autre dimension lorsqu’ils sont sans vie, vidés de leur substance. Leur carcasse forme un stade intermédiaire dans lequel les insectes ne sont plus des scarabées mais pas encore des sculptures». La robe n’est certainement pas à porter, mais la simple idée de l’imaginer sur un corps nous fait frissonner. A côté des œuvres de l’artiste des expériences filmées en vidéo. Des enfants portent des masques de vieux. Un jeu de rôles, du moins surprenant. En tout cas, à découvrir.

(*) Exposition Rencontre. Visible tous les jours. Jusqu’au 22 juin à Bab El Kébir  et Bab Rouah, à Rabat