Mawazine 2015 : buzz et apothéose

La 14e édition de Mawazine n’est pas passée sous silence. Buzz, anecdotes, messages de stars et doux moments : retour sur les moments forts de 2015.

Quelque 2,65 millions de spectateurs en neuf jours. Un record pour le festival qui vient de clôturer sa 14e édition. Mawazine Rythmes du Monde a fait mieux que le ministère du tourisme, de l’avis des internautes. Et pour cause: une présence massive, des retombées médias importantes, mais surtout une publicité gracieusement offerte par les stars internationales invitées.

Bons baisers du Maroc «Jouer devant 200 000 Marocains a été une expérience extraordinaire et Mawazine restera sans conteste l’un des plus beaux concerts de toute ma vie», a déclaré le Suédois Avicii dont les fans s’étaient agglutinés des heures devant la Villa des Arts de Rabat.

«Nous n’arrivons pas à croire que nous allons nous produire en clôture d’un festival qui a accueilli des stars comme Usher, Sting, Jennifer Lopez ou Pharrell Williams», avait confié le groupe Maroon 5 avant sa prestation magistrale. Sur leur page Facebook, ils ont remercié le Maroc en ajoutant: «Nous avons adoré jouer pour vous ! À la prochaine !». J-Lo et Sean Paul ont également adressé leurs remerciements, en partageant leurs photos sur la scène de l’OLM Souissi pour les millions de fans qui les suivent sur les réseaux sociaux.
Mais la plus belle publicité fut sans conteste celle de la star Usher. «J’ai eu la chance de jouer dans un des plus grands festivals de la planète, de rencontrer mes fans dans les rues de Rabat et de découvrir l’art du Maroc. C’était incroyable», a-t-il déclaré. L’artiste, qui s’est avéré être un grand connaisseur du Maroc et de son Sahara, a multiplié les messages, les photos et les vidéos sur sa timeline, pour le grand bonheur de ses fans marocains.

Apnées et indignations

La 14e édition de Mawazine restera certainement dans les annales. Tout commence par une prestation de J-lo qui, quoique un peu (trop) sensuel, relève du show attendu. Ni les organisateurs ni même les spectateurs ne peuvent imaginer le tollé que ça va susciter sur les réseaux sociaux. Après les reproches faits à 2M, pour avoir diffusé le show, le débat annulé sur ce sujet, l’anecdote finale : une plainte déposée par un citoyen choqué par «une femme de plus de 40 ans, résidant au Sofitel de Rabat, s’étant montrée peu couverte et peu prude sur la scène de l’OLM Souissi»… J-Lo risquerait entre un mois et deux ans de prison si la plainte est retenue !
Deux jours plus tard, c’est au tour de Placebo de faire couler l’encre. Stefan Olsdal gratte sa rainbow bass et, avant que le public n’y reconnaisse les couleurs LGBT, il se sépare de son tee-shirt et affiche un torse marqué d’un 489 barré : l’article qui pénalise les rapports sexuels entre adultes de même sexe. Nouveau tollé sur la toile. Pourtant, pour les connaisseurs de Placebo, cet acte reste d’une extrême banalité par rapport à leur habituel baiser sur les différentes scènes où ils se produisent…

Le must est ailleurs

Mis à part les esclandres et les débats houleux, le festival a distillé du pur bonheur, loin des scènes grand public. Dans les cadres plus intimes du Chellah ou du Théâtre national Mohammed V, les mélomanes ont eu droit à des moments de grâce lors de concerts d’exception.

On aura ainsi revu le grand Abdelhadi Belkhayat qui s’est répandu en spiritualité, après une longue absence. Ceux qui raffolent de son répertoire richement sentimental ont dû se contenter de chants mystiques…
Un spectacle d’une grande douceur a été donné au Chellah vendredi 5 juin. Ceux qui y sont passés garderont longtemps la voix mélodieuse et sensuelle de Katerina Fotinaki qui a rendu hommage à une Grèce en crise, qu’elle souhaite reconstruire en musique et en poésie.

Cette même scène avait reçu, quelques jours auparavant, la belle Carmen de Souza qui a si bien consolé les orphelins de la grande Cesaria Evora. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, la Cap-verdienne est l’une des plus belles voix du jazz qui revisite autrement l’héritage musical de son pays.