Mastermind, un programme défricheur de talents

La Galerie Venise Cadre accueille l’exposition de la cinquième édition du programme curatorial Mastermind.

Un public nombreux était au rendez-vous, jeudi 7 avril, à la galerie Venise Cadre. Au menu, une exposition aussi riche qu’hétéroclite, et la promesse d’une nouvelle génération d’artistes contemporains ambitieux.

Fondé en 2011, le programme avait pour objectif premier «la révélation et l’accompagnement de la jeune scène artistique marocaine, ainsi que la professionnalisation du secteur de l’exposition muséal», explique Mehdi Hadj Khalifa, cofondateur de Mastermind. Il s’agissait par là même de participer autrement à la consolidation du patrimoine immatériel et de contribuer à la médiation culturelle exercée par les différents acteurs, galeristes, espaces indépendants, résidences d’art, plateformes d’échanges qui veillent à la structuration du marché.

Dans cette approche, Mastermind s’est engagé à attirer l’attention sur ce renouvellement permanent de la scène artistique. Et ce, avec un succès indéniable : «Nous réussissons là un beau challenge puisque nous arrivons à intéresser des acheteurs potentiels qui vont plus spontanément vers les masterpièces. Aujourd’hui, nous sommes approchés de plusieurs jeunes artistes qui respectent notre initiative et souhaitent en bénéficier», ajoute Mehdi Hadj Khalifa, pour dire l’intérêt dudit programme.

Désireux de répondre aux exigences du marché international, Mastermind n’hésite pas à explorer les formes d’art les plus complexes et qui ne sont pas rares dans la scène créative marocaine. Photos, installations, dessins, techniques sur toile et images sur écran tactile : il y a de tout dans l’exposition des quatorze jeunes artistes sélectionnés. «Il y a cinq ans, on avait beaucoup plus de mal à trouver des artistes. Maintenant, on commence à avoir l’embarras du choix. Ils sont de mieux en mieux. Ils viennent pour la plupart de l’Ecole nationale des beaux arts de Tétouan. Mais nous avons de jeunes marocains qui font leurs études dans les beaux arts à l’étranger», raconte Anne Laurence Sowan, propriétaire actuelle de Venise Cadre et cofondatrice du programme Mastermind.

A noter que le programme est fortement soutenu par des partenaires de choix, à savoir le constructeur automobile Audi et le groupe CFG bank. Lors du vernissage, le Prix Audi a été décerné à l’artiste Nissrine Seffar qui bénéficiera d’une résidence d’Art d’un mois en France. Sa série de peintures «Printemps» dévoile l’engagement des femmes dans les révoltes sociales de ces dernières années. «Nos jeunes artistes sont de plus en plus engagés. Depuis quelques ananées, on note plus d’assurance, de dialogue et de messages dans leur travail», commente Anne Laurence Sowan.