Ma Tango : une 3e édition très réussie

Le festival était rythmé par quatre soirées articulées autour de la danse et de belles performances.

I l y avait les amoureux de la danse, les inconditionnels du tango, les débutants trahis par des pas incertains mais aussi ceux qui ne veulent rien laisser au hasard et qui ont profité des cours dispensés la journée pour se distinguer sur la piste, le soir venu. Telle était l’ambiance du festival Ma Tango qui s’est tenu à Casablanca du 20 au 24 octobre. Cette troisième édition s’est ouverte sous le signe de la diversité. Le tango, cette danse qui a révolutionné les mœurs au début du siècle dernier, n’a jamais cessé de voyager. Les organisateurs de cet événement, Dominique Langlois et Adam El Mahfoudi, ont aussi voulu marquer cet esprit d’ouverture. Le parti pris d’une programmation diversifiée s’est matérialisé la soirée du jeudi 21 octobre au complexe culturel Touria Sekkat. «Tango Fusion», tel était le nom donné à cette composition où différentes danses se sont succédé. D’abord et comme tous les soirs, le tandem Jorge Rodriguez et Maria Filali (qui danse pour la première fois au Maroc, son pays d’origine) n’a pas manqué de fasciner par le jeu de jambes entremêlées, figures magistralement enchaînées et qui ne doivent rien au hasard ! Les danseurs de hip-hop de la troupe Macadam ont fait écho aux deux danseurs. La soirée a ainsi évolué d’inattendu en inattendu, en passant par la performance délicate, dramatique et contemporaine de Mostafaa Ahbourrou et Nissrine Zaidan. Cependant, avec l’arrivée sur scène de poupées conçues par Yves Thuillier et son numéro exceptionnel El Perdido et la Gordita, un autre langage chorégraphique, burlesque, s’est mêlé à la fusion. Autour du thème de la danse et plus précisément du tango, se sont rassemblés des musiciens venus d’Argentine pour une «Noche Tango». Une soirée dirigée par le bandonéoniste Juan José Osalini, accompagné au piano par Osvaldo Calo,  avec Sebastien Couranjou au violon, Romain Lecuyer à la contrebasse et Luc Padiou au son. Une musique encore une fois sublimée par les danses de Jorge Rodriguez et de Maria Filali. Des milongas étaient programmés tous les soirs au «Petit rocher», l’énergie contagieuse des danseurs Elisa Liviero et Stefano Tosin a gagné la piste et s’est propagée, jusqu’au dernier jour, au Golden Tulip Farah, où a eu lieu la desperida qu’on a eu du mal à quitter.