Lorsque l’enfer s’invite à  table

Ce qui commence comme une comédie de mÅ“urs frivole va assez rapidement basculer vers l’inquiétude, un malaise qui ira crescendo, à  votre grand étonnement. Sous des dessous légers, Herman Koch nous livre une critique acerbe du laxisme parental et de la banalisation de la violence. A lire, résolument !

Extrait :

«Parfois je pense que c’est justement là notre erreur (…) En nous disant qu’ils sont encore jeunes. Aux yeux du monde extérieur, les voici soudain devenus adultes, parce qu’ils ont fait quelque chose que nous considérons, nous les adultes, comme un crime. Mais je trouve qu’en fait ils se comportent plutôt comme des enfants à cet égard. C’est exactement ce que je voulais faire comprendre à Serge. Que nous n’avons pas le droit de leur prendre leur jeunesse pour la seule et unique raison que, selon nos normes d’adultes, il s’agit d’un crime que l’on doit expier toute sa vie. »

En quelques mots :

A la table d’un restaurant chic d’Amsterdam, deux frères et leurs épouses s’apprêtent à passer une soirée en famille, à discuter de leur quotidien et à s’amuser ironiquement de leurs adolescents en crise. L’un est un réputé homme d’affaires en passe de devenir politicien, l’autre est un marginal cynique et au ton badin, voix du roman dont il est le narrateur.
Sauf qu’entre l’entrée et le plat, l’humour laisse place à la froideur, la légèreté se fait tension, et c’est dans une comédie des mœurs qui balance entre le roman noir et la critique acerbe de notre société que le lecteur se retrouve soudain plongé. Le dessert révèlera l’événement horrible qui lie les protagonistes et posera la question ultime : que sommes-nous prêts à faire pour protéger nos proches ? Le tout sur fond de racisme, de préjugés sociaux et d’intolérance.
Inspiré d’un fait divers qui a eu lieu à Barcelone, cette satire sociale nous offre les délices d’un polar, les interrogations autour des relations de couple et des rapports parents-enfants, ainsi qu’une profonde réflexion sur la société d’aujourd’hui.

L’auteur :

Romancier et acteur hollandais, Herman Koch a connu un succès foudroyant avec son premier roman, le Dîner, publié chez Belfond, et traduit en quatorze langues. Il a fait l’objet d’une adaptation théâtrale et sera bientôt porté à l’écran.
Ce qu’en pense

«La Vie éco» :

Ce qui commence comme une comédie de mœurs frivole va assez rapidement basculer vers l’inquiétude, un malaise qui ira crescendo, à votre grand étonnement. Sous des dessous légers, Herman Koch nous livre une critique acerbe du laxisme parental et de la banalisation de la violence. A lire, résolument !

«Le Dîner», Herman Koch, Edition 10/18,  janvier 2013, 360 pages, 110 DH