Les tourments de Shéhérazade

La série des «Mille et une nuits» n’en finit pas de faire parler d’elle. Entre compliments, critiques et rumeurs, la dernière Å“uvre de Mouatassim sort du lot de programmes de ce Ramadan.

Autour de Schéhérazade, les rumeurs n’en finissent pas de semer le trouble. Et, contrairement à ce que voudrait l’Histoire des Mille et une nuits, ce ne sont ni l’ire de Shahryar ni les manigances des viles rivales qui donnent du fil à retordre à notre belle. À l’origine des remous qui secouent la diffusion de la série, pointent les conflits qui opposent le réalisateur Anouar Moatassim et Sophia Aghilal, qui se présente comme productrice et auteure du concept d’origine. Les étincelles du conflit ont acculé la chaîne Médi1 TV à démentir l’arrêt de diffusion du feuilleton ramadanesque suite à une décision de la justice qui aurait tranché pour la productrice. Un tapage qui, finalement, agrémente une belle polémique autour de l’œuvre, mais qui n’enchante guère le réalisateur.

Exaspéré au plus haut point, après maintes justifications de l’authenticité de son concept, Anouar Moatassim assure qu’«après 7 semaines d’enquête par le CCM, j’ai prouvé que le scénario qu’elle a déposé n’a rien à voir avec mon concept et ce que j’ai réalisé. Le CCM m’a donné raison en m’autorisant le tournage de la série». Il explique le désappointement de la dame par le fait qu’elle aurait aimé garder le rôle principal pour sa fille, Sara Tekaya, une jeune actrice ambitieuse ayant déjà fait quelques apparitions sur le petit écran au Maroc.
Quoi qu’il en soit, la polémique a contribué à attirer davantage de téléspectateurs à l’heure du ftour.

Bien que les deux premières chaînes nationales accaparent la part belle de l’audience en prime time, les interactions du public sur la page facebook de la chaîne, son site ou sa chaîne youtube, dénotent de l’intérêt grandissant pour cette œuvre qui inaugure, de toute évidence, une nouvelle ère dans la production audiovisuelle marocaine. Critiques faciles, parfois non dénuées de sens, compliments déférents ou réserves sur certains détails, le public fait honneur au produit.

Anouar Moatassim qui, d’après de proches collaborateurs, fait montre d’un rare niveau d’exigence, n’aurait pas cédé d’un pouce sur ses besoins à la prod, afin de faire de ses Mille et une nuits une production à même de concurrencer les plus grandes productions du genre. Difficile de ne pas penser à la série turque historique Harim Assoltane, déjà bien installée au petit écran et qui explose les records d’audience dans l’intégralité du monde arabe.
À la clé, un scénario simple, un casting jeune qui brille particulièrement par une plastique sophistiquée et de belles images bien colorées. Un choix qui relate visiblement la magie des Mille et une nuits, dans l’imaginaire du réalisateur.