Les essais réussis du prix Grand Atlas

Le prix Grand Atlas vient de souffler sa 20e bougie. Cette année, le prix a tenu à  consacrer des essais de sciences humaines en langue française et traduits du français vers l’arabe. Deux lauréats francophones ont été désignés.

La tâche n’a pas été facile pour le jury. Aux côtés de l’islamologue et anthropologue franco-algérien Malek Chebel, des spécialistes marocains et français du monde de la sociologie et de l’édition, ont lu, comparé et évalué les différentes œuvres. Lors de la cérémonie du 5 décembre dernier, deux noms ont été dévoilés : la journaliste et activiste culturelle Kenza Sefrioui a été récompensée pour son essai intitulé La revue Souffles (1966-1973): Espoirs de révolution culturelle au Maroc, dans la catégorie Essais francophones. Le psychanalyste Jalil Bennani, quant à lui, a décroché le prix culturethèque pour son livre Un psy dans la cité.

Kenza Sefrioui, l’agitatrice culturelle

Grâce à son caractère avant-gardiste et son engagement politique, la revue marocaine Souffles (1966-1973) élaborait un projet pour ce Maroc dont rêve toujours Abdellatif Laâbi, l’un des instigateurs de la publication. Pendant sept années d’existence, cette publication, émanant d’un petit groupe de poètes rêveurs, avait enclenché une véritable dynamique intellectuelle.
Plus qu’une thèse de doctorat, c’est un hommage que rend la critique littéraire et journaliste à la revue Souffles. La parution chez les Éditions du Sirocco en 2010 d’une version adaptée de la thèse, faite de témoignages et de dialogues, est le rappel d’un idéal possible dans l’improbable scène culturelle actuelle.
Si le prix Grand Atlas est venu récompenser son œuvre, c’est l’engagement quotidien de Kenza Sefrioui qui devrait être vivement applaudi. Cofondatrice du Café littéraire et membre active dans l’association culturelle Racines, Kenza Sefrioui mérite bien qu’on lui appose tous les qualificatifs dynamiques et enthousiastes.

Jalil Bennani, le psy prolixe

Les Rbatis le connaissent, le lisent et le respectent. C’est que conformément à ce que l’on peut attendre de l’auteur de Un psy dans la cité, Jalil Bennani est un psychanalyste qui s’investit dans son environnement direct.
Dans ce dernier livre paru en 2012 et qui a fait l’objet de plusieurs rencontres publiques, le psychanalyste choisit de répondre aux questions de son interlocuteur Ahmed El Amraoui sur l’amour, la sexualité, la morale, la modernité, la langue darija, la croyance, l’art et l’éducation… Une façon de simplifier l’appréhension de la psychanalyse par le commun des mortels. On lui retiendra également un nombre d’ouvrages, de communications et de publications collectives ou individuelles, dans le même sens.