Les coups de cÅ“ur de la Xe édition du Festival Mawazine

A la hauteur de ses ambitions, l’édition 2011 du Festival de Mawazine aura laissé des traces dans les cÅ“urs des spectateurs. Autant de concerts, servis par des artistes de grand talent, pour nous offrir les émotions les plus belles.

Créé en 2005, le projet musical multimédia Playing for change a réuni sur la scène El Menzeh des artistes venus des quatre coins du monde dont le charismatique Grandpa Elliott (Etats-Unis, Louisiane), Clarence Bekker (Pays-Bas) et Mermans Kenkosenki (Congo). A l’origine de ce mouvement, il y a Marc Johnson, un ingénieur du son et réalisateur américain. L’idée est à la fois simple et ingénieuse : filmer des musiciens du monde entier et les superposer en une seule vidéo. Une façon originale de montrer que la musique n’a pas de frontières. La vidéo de la reprise de Stand by me postée sur Youtube par le mouvement totalise déjà plus de 30 millions de visionnages. Interprétant des titres indémodables, comme Stand by me (Ben E. King) ou Stand up for your rights (Bob Marley), Playing for change a su apporter son message de paix jusqu’au Maroc.
Hindi Zahra, dont la prestation au Théâtre Mohammed V mercredi 25 mai, fut celle d’une chanteuse au grand cœur, émue et émouvante. La chanteuse franco-marocaine, d’origine berbère, n’en est pas à sa première au Maroc. Loin de là, puisque Hindi Zahra est devenue désormais une inconditionnelle des festivals organisés dans le pays. Devant un public conquis d’avance, sa musique sortie de nulle part mélangeant les styles, passant du jazz manouche à la guitare sèche sans accrocs, et sa voix épurée ont fait se lever le théâtre dans son ensemble. Dans une atmosphère proche de celle des cabarets, elle a repris Beautiful Tango, Imik Si Mik, les titres phare de son premier album Handmade, récompensé par le Prix Constantin en 2010 et la Victoire de la musique dans la catégorie album Musique du monde en 2011.
Parmi les légendes du rythm n’ blues, il y en a une dont la voix, reconnaissable entre toutes, a traversé les affres de l’âge sans se tarir. Joe Cocker, qui s’est produit jeudi 26 mai à la scène de l’OLM Souissi, a ravi les mélomanes en nous offrant ses plus beaux classiques. You can leave your hat on (N’oubliez jamais), You are so beautiful, With a little help from my friends, reprises en chœur par un public venu braver la pluie, ont fait le bonheur de tous, sans oublier les nouveaux opus tirés de son nouvel album Hard Knocks, sorti en 2010, qui prouve que ce grand monsieur n’a rien perdu de sa superbe.
Dans un autre style, mais non des moindres, Youssou Ndour a enchanté la scène du Bouregreg vendredi 27 mai. La communauté sénégalaise de Rabat et d’ailleurs n’était pas la seule à se réjouir de sa venue. Tous les passionnés de rythmes africains ont été servis. Dès les premières notes de 7 seconds ou encore Birima, les corps se sont libérés. Le temps d’une soirée, le Sénégal et le Maroc n’auront fait qu’un.