Les Belles endormies, de Yasunari Kawabata

Extrait :
«Et veuillez éviter, je vous en prie, les taquineries de mauvais goût ! N’essayez pas de mettre les doigts dans la bouche de la petite qui dort ! à‡a ne serait pas convenable !»

– Auteur :  Yasunari Kawabata, écrivain japonais, Prix Nobel de littérature en 1968.
– Edition : Livre de poche
– Année : 1961
– Nombre de pages : 124
Prix : 54 dirhams

 

 

Voilà un roman qui, de prime abord, semble perturbant. Vous haïrez peut-être le narrateur, un grand-père de 65 ans, qui s’acharne à figer le temps, à lutter contre le déclin. Quelle espèce de monstre se faufile en effet dans la chambre d’une adolescente endormie, pour l’y observer en toute impudeur et impunité ? Vous auriez cependant tort de vite blâmer Eguchi. En s’insinuant dans cette étrange maison close, où les couloirs sont muets, où l’on assomme les jeunes filles à coups de redoutables narcotiques, le vieillard est rongé de culpabilité. Attendri par ces beautés désarmées, il reste là, à les questionner du regard. Et à se souvenir de toutes les femmes qui ont traversé sa vie. Croyant plonger dans le voyeurisme, on s’abandonne à une balade nostalgique, pleine de poésie.