Lemseffer, peintre de la condition humaine

Pour ceux qui font un détour par l’Institut français de Casablanca, un voyage s’impose, angoissant : l’exposition Ahlam Lemseffer.

Pour ceux qui font un détour par l’Institut français de Casablanca, un voyage s’impose, angoissant : l’exposition Ahlam Lemseffer. Si le nom de l’artiste d’origine jdidie était lié à un paysagisme tourmenté ou faussement quiet, c’est depuis belle lurette qu’elle a changé son fusil d’épaule, surfant sur les vagues tumultueuses de la condition humaine.

L’enchantement est au rendez-vous. Ayant atteint les rivages de la maturité, Lemseffer a créé un univers qui bouleverse les repères traditionnels que l’on applique à l’art : figuratif / abstrait, impressionniste / expressionniste…

Devant ses toiles, on ne pense souvent à rien, happé par les formes qui s’offrent à notre regard, pris entre l’envie d’en savoir plus et celle de ne plus respirer, pour ne pas se faire remarquer et méditer en silence sur ces vagues qui n’en sont peut-être pas, sur ce rouge obsédant qui fait saigner le tableau ou sur ces silhouettes ombreuses dressées telles des consciences vigilantes, à moins qu’elles n’incarnent les otages du mal pour lequel l’humanité semble aujourd’hui plus que jamais être fascinée. A voir toutes affaires cessantes.