Le sublime cauchemar américain

Ouvrez ce roman, sans tarder, ouvrez-le et vous verrez, ce sera le seul «effort» que vous ferez, la seule contrainte. C’est un sortilège que ce roman, le premier paragraphe vous aimante, le second vous intrigue, le troisième vous happe et ainsi de suite jusqu’à  la fin, qui vous dévore.

Extrait :

«Mon conseil à tous les écrivains qui débutent est très simple. Je leur recommanderais de ne jamais éviter une expérience nouvelle. Je les exhorterais à vivre la vie dans toute sa crudité, la prendre bravement à bras-le-corps, l’attaquer à poings nus».

En quelques mots :

Demande à la poussière, roman américain culte, nous invite dans le parcours initiatique d’Arturo Bandini, jeune écrivain qui rêve de l’American Dream et se heurte à la rudesse de la vie. Se rendant à Los Angeles, il rencontre au hasard de sa route Camilla, jeune serveuse dont il tombe fou amoureux et avec qui il forme un couple à la passion autodestructrice.
Mais résumer ainsi ce chef-d’œuvre de la littérature américaine serait trop réducteur. Ce n’est pas seulement le roman d’Arturo, c’est également une ode à la beauté et la déchéance des femmes, à travers des portraits et des personnages poignants, c’est un hymne à Los Angeles dont l’auteur loue la beauté et la magie autant qu’il pleure la poussière qui hante ses rues jusqu’à se déverser dans le désert Mojave ; c’est une plaidoirie contre les bas-fonds de la ville et la misère qui se cache derrière les façades rutilantes de la cité des anges ; et c’est surtout une plongée bouleversante dans l’esprit torturé d’un homme prisonnier de ses rêves, de ses désirs, ses contradictions et ses complexes, et dont la voix porte le roman jusqu’à des hauteurs de lyrisme et d’émotion inoubliables.

L’auteur :

Né en 1909 au Colorado, John Fante est un romancier, essayiste et scénariste américain. Demande à la poussière est le deuxième volet de la trilogie autobiographique qui comprend Bandini (1938, éditions 10/18) et Pleins de vie (1952, éditions 10/18). John Fante est considéré comme le précurseur de la Beat Generation et comptait Charles Bukowsky parmi ses fervents admirateurs.

Ce qu’en pense La Vie éco :

Ouvrez ce roman, sans tarder, ouvrez-le et vous verrez, ce sera le seul «effort» que vous ferez, la seule contrainte. C’est un sortilège que ce roman, le premier paragraphe vous aimante, le second vous intrigue, le troisième vous happe et ainsi de suite jusqu’à la fin, qui vous dévore. De la grande littérature, décrite par Charles Bukowski comme «de l’or trouvé dans une décharge publique».

«Demande à la poussière», John Fante, Edition 10/18, janvier 2002, 271 pages, 100 DH.