Le Poulailler magique de Karim Marrakchi

Les titres, étranges, espiègles, rappellent ceux de Satie ou de Debussy. Poulailler magique, Maison close ou la poule libérée, Nu aux lunettes, Femmes et Monsieur Narcisse…

Les titres, étranges, espiègles, rappellent ceux de Satie ou de Debussy. Poulailler magique, Maison close ou la poule libérée, Nu aux lunettes, Femmes et Monsieur Narcisse… Peut-être voguerez-vous d’abord de formule inspirée en vieil adage détourné avant de vous arrêter devant la beauté brute, étincelante des toiles, devant cette orgie de couleurs vives qui rafraîchissent l’œil et envoûtent l’esprit.

Balayées, la grisaille du matin, la noire poussière des rues, les mornes figures des passants : vous avez de nouveau quatre ans, votre curiosité émerge de sa longue hibernation ; grâce à ce bleu, ce jaune, ce vert, ce rouge, vous avez envie de vous pâmer dans l’onde, de vous perdre dans les épis de blé, de vous rouler dans l’herbe, de relire la comtesse de Ségur et les Chevaliers du zodiaque. Vous vous demandez quel est ce chat qui revient obstinément dans l’imaginaire du peintre, – ne rappelle-t-il pas un peu celui d’Alice ? Celui de Baudelaire ? -, cette langoureuse silhouette qui s’étire ainsi au soleil, ces visages familiers, pleins d’aménité, sinistres, parfois, cet «étrangleur ailé» à la bouille si sympathique et au nom si effrayant… Vous découvrez un monde, un langage qui, écrit l’artiste, «se passe des mots et des longs discours. Un langage qui est à la fois cri et poésie. Un langage qui s’entend dans le silence».

Exposition Karim Marrakchi, du 7 au 20 juin à la galerie Thuillier, 13, rue de Thorigny, Paris.