Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain en 2015: Grâce, grandeur et générosité

Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI) aura achevé l’année 2015, celle de sa première année d’existence, sur un admirable crescendo, livrant par la même toute la grâce, la grandeur et la générosité d’une institution muséale de troisième génération. 

Expositions, tables-rondes, séminaires, conférences, spectacles de musique, journées portes ouvertes, matinées pour enfants, soirées nocturnes, ateliers d’initiation aux arts,… En l’espace d’une année, le MMVI a ratissé large, assurément plus large au point de consolider un ancrage local certain et un rayonnement international indéniable.

Expression d’un engagement civique et citoyen, cette ouverture est aussi une aubaine pour un public avide et attentionné qui le lui rend bien. Et les chiffres sont éloquents. Jusqu’en octobre dernier, le MMVI a drainé un total de 163.188 visiteurs étrangers et marocains, dont une bonne partie d’écoliers de diverses régions du Royaume.

« En si peu de temps, c’est un succès populaire auprès du public marocain, auprès des écoliers qui viennent du Maroc entier, mais aussi auprès des étrangers, Rabat étant devenue un passage obligé pour les touristes », avait souligné le président de la Fondation nationale des musées (FNM) Mehdi Qotbi dans une déclaration à la MAP, à la veille du 1er anniversaire du MMVI.

Autant dire, selon lui, que le Musée « joue un rôle-clé dans la stratégie de Rabat, ville-lumière, capitale de la culture », où cette structure muséale, implantée pour un investissement de 200 MDH, est venue sertir une ville classée patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 2012.

On n’insistera jamais assez sur les activités et manifestations organisées ou abritées par cette institution. Il suffirait peut-être d’évoquer avec le directeur du MMVI, Abdelaziz Drissi, l’exposition inaugurale « 1914/2014 : Cent ans de création » qui a livré un panorama historique de l’art moderne et contemporain marocain.

Il s’agit, a-t-il indiqué, d’un découpage chronologique en quatre périodes principales ayant jalonné l’évolution de la créativité marocaine et qui a permis au public, tout au long de l’année, de découvrir plus de 360 œuvres de plus de 200 artistes marocains.

Dans la foulée, il rappellera avec égal bonheur l’exposition « Le Maroc médiéval » qui, regroupant des œuvres provenant de près d’une vingtaine de musées, a donné l’occasion, six mois durant, à pas moins de 35.000 Marocains d’apprécier cette exposition chez eux sans avoir à se rendre au Louvre à Paris.

S’il est vrai que « la démocratisation de l’art », comme il se plaît à la nommer, est au centre des préoccupations de cette institution née d’une volonté royale, il importe de souligner l’accueil exceptionnel que la communauté des artistes marocains, toutes tendances et sensibilités confondues, ont réservé à la naissance de ce Musée.

Ainsi en est-il du président du Syndicat marocain des artistes plasticiens professionnels, Abdelhay Mellakh, qui a exhorté « les collectionneurs à faire don au MMVI d’œuvre d’arts qu’ils gardent dans leurs collections privées et hermétiquement fermées de leurs chambres pour permettre aux Marocains de s’en servir et de s’en délecter ».

Idem pour l’artiste-peintre marocain Mohamed Melihi, également président de l’Association marocaine des arts plastiques (AMAP), pour qui la création du MMVI « constitue la concrétisation et l’aboutissement d’un rêve caressé depuis les années 60 du siècle dernier ».

Même son de cloche du côté de l’artiste-peintre Latifa Toujani qui considère que ses pairs marocains ont tout à gagner en capitalisant sur la dynamique et la renommée, désormais établie, du MMVI.

Pour le peintre-poète Aissa Ikken, au regard de son rayonnement et de la dynamique qu’il créé autour, le MMVI est appelé à faire des émules dans les grandes villes du Royaume « avec au moins un musée de ce genre qui soit représentatif de l’art et de la culture marocains ».

De rayonnement justement, le MMVI vient d’accueillir, le 9 décembre courant, « César, une histoire méditerranéenne », la première exposition d’une telle envergure consacrée à cet artiste en Afrique et dans le monde arabe.

Et pour cause, « cette première exposition de César se tient avant celle prévue en 2017 au Centre Georges Pompidou », a expliqué M. Qotbi.

C’est d’ailleurs dans cet esprit que M. Qotbi a examiné, la veille du vernissage de l’exposition de César à Rabat, avec le président du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou et le directeur du Musée national d’art moderne de France les moyens de développer des axes de partenariat avec ces deux institutions.

Mieux encore: « Il y a César en décembre, mais il y a surtout la chose la plus merveilleuse Giacometti en avril 2016, l’artiste le plus cher aujourd’hui avec Picasso », a précisé M. Qotbi, pour qui, le MMVI est en droit de se targuer, une année après son ouverture, d’être nominé aux Oscars des Musées à Londres, « autant dire une reconnaissance amplement méritée même auprès des grands musées ».