Le Festival de Fès et l’eau sacrée

La 23e édition du Festival de Fès des musiques sacrées se tient du 12 au 20 mai. Créations, forum et spectacles seront dédiés à l’eau, choisie comme thématique de l’édition 2017.

La 23e édition du Festival des musiques sacrées mettra Fès au cœur d’une dynamique spirituelle et artistique, du 12 au 20 mai, autour de la thématique de l’eau. En plus d’être une source de vie et de renouvellement, l’eau est au centre des préoccupations écologiques du monde. Le forum du festival ainsi que plusieurs de ses créations et spectacles porteront un regard écologique sur l’eau, comme le prolongement naturel d’une démarche spirituelle.

Rendez-vous musique

Comme à chaque ouverture, le public de Bab El Makina aura droit à une création originale. «Spirit on the water» est consacré à l’eau. A partir du verset coranique «Et nous avons fait de l’eau toute chose vivante», le spectacle, qui se veut contemporain, mettra en scène un grand orchestre et des emprunts à différentes traditions, avec un mélange d’onomatopées, de bruissements et de clapotis, de hululements et de chants de baleine, entre songe aquatique et vision apocalyptique.

L’Opéra Wu du Zhejiang est en fait l’ancêtre du célèbre Opéra de Pékin. Il donnera rendez-vous sur cette même place de Bab El Makina avec des costumes colorés, des voix puissantes et des performances acrobatiques de ses artistes itinérants.

Toujours sur la même place, l’artiste malien Toumani Diabate, et les Espagnols José Miguel Carmona, Juan Carmona et Javier Colina feront renaître l’esprit de Songhaï, rencontre splendide du flamenco et de la musique mandingue.

C’est en soirée du 18 que Vicente Amigo donnera son spectacle à Bab El Makina. Le guitariste de jazz flamenco déploiera ses déferlantes de talent là où son maître, Paco de Lucia, avait joué quelques années auparavant.

Une soirée spéciale sera dédiée au chant de femmes du Maroc, le 19 mai à la Place. Le lendemain, pour la clôture, ce sera au tour de la diva Majida Roumi d’envoûter les amoureux des chants sacrés.

D’autres scènes seront animées par des artistes de renom. A ne pas rater les lectures musicales de Nadine Eghels et Tahar Ben Jelloun, dits par Nicolas Pignon, avec une musique de Driss El Maloumi et son ensemble à Dar Adiyel. A ne manquer sous aucun prétexte l’exceptionnel Taziri, album de l’incroyable Titi Robin et de notre virtuose Mehdi Nassouli, toujours à Dar Adiyel. Le 17 mai, Yasmine Hamdane prend d’assaut la salle de la Préfecture, qui accueillera juste avant le bluesman américain Eric Bibb.

Pour ceux qui préfèrent se laisser bercer par la musique en plein air par de doux après-midi, rendez-vous à Jnane Sabil pour un spectacle avec le pianiste voyageur Marc Vella, ou l’artiste et militante amazonienne Marlui Miranda. Le Koweitien Salman El Ammari et son ensemble s’y produisent le 15 mai, tout comme Stelios Petrakis Quartet le16, Gange amoureux union des voix le 18, Les violons barbares le 19 et Aziz Sahmaoui avec son Cuban Project le 20 mai.

Côté idées

Le Forum du festival sera dédié à la gestion des ressources aquatiques dans un climat de réchauffement planétaire inquiétant. Il sera donc question de tables rondes multiples avec de grands spécialistes de la question, sous tous les angles, scientifique et politique, mais également sociologique et philosophique. «Les dimensions spirituelles de l’eau», «L’eau dans les exigences du développement», «L’eau dans les écosystèmes fragiles» sont les intitulés des sessions qui comprendront plusieurs communications de très haut vol.

La Fondation Esprit de Fès annoncera les noms des premiers lauréats de la première édition de son prix littéraire. Ce prix s’inscrit dans la vocation du festival de développer le dialogue inter-religieux et d’encourager toute œuvre exaltant les valeurs spirituelles et de tolérance. Il récompensera ainsi un livre en langue arabe et un autre en langue française à chaque édition du festival. Le jury des deux prix compte des noms comme Françoise Chandernagore, Leila Slimani, Tahar Ben Jelloun, Nedim Gursel, Touria Ikbal, Driss Khrouz et Amal Jallal…