Le dialogue des cultures pour répandre la tolérance

Le 9 novembre courant, Agadir a accueilli la 9e édition du Concert pour la tolérance. Un colloque portant sur la même thématique a été organisé en marge de l’événement.

Une neuvième édition du Concert pour la tolérance vient de faire le bonheur du public gadiri le 9 novembre courant. Pour accompagner les festivités organisées autour des valeurs de la fraternité et la tolérance, une conférence a eu lieu en matinée dans un palace, en présence de Aziz Akhannouch, président de l’Association pour la tolérance. Des invités de marque ont répondu présent à l’invitation afin de débattre autour du thème «Dialogue des cultures et culture du dialogue». Le panel, fort de sa richesse et de la diversité des profils qui y ont participé, a interpellé le public sur la nécessité de promouvoir le vivre ensemble, à la lumière de l’actualité mondiale.

L’art pour répandre la paix

Dans son intervention au sein du panel, Bariza Khiari, la vice-présidente du Sénat français et membre du groupe sénatorial d’amitié France-Maroc, a fait l’éloge de l’art et des artistes. «L’artiste montre les mystères de l’origine… Nous devons absolument protéger les artistes», expliquant que ce n’est qu’un juste retour des choses, étant donné qu’à travers leur art et leur parole, les artistes sont les premiers à protéger la société, en dénonçant ses travers. Et d’ajouter : «La culture et l’art sont les premiers barrages à l’intolérance… La fusion de l’artiste et de son public favorise le dialogue».
L’importance de l’éducation artistique dans la formation de l’individu a également été relevée par la vice-présidente du Sénat français. Abondant dans ce sens, le fondateur de Maroc Festivals, Youssef Kamal, a expliqué l’intérêt primordial de la circulation des artistes marocains à l’international.
Une manière, selon lui, d’exporter la culture et de promouvoir l’ouverture entre les peuples.

Tolérance,  religion et école

Malek Chebel est anthropologue des religions, philosophe et auteur. Dans ses nombreux travaux sur l’Islam, il ne peut concevoir cette religion que comme porteuse de valeurs humanistes.
«L’Islam est moderne. Ce sont les Musulmans qui ne le sont pas», affirme-t-il. «Il serait très rentable de miser sur les capacités positives de l’Islam des lumières, comme moteur d’émancipation et promoteur de paix», poursuit Malek Chebel en se désolant du faible impact réel des musulmans sur la marche du monde : «Il y a très peu de musulmans dans les instances politiques, économiques et scientifiques internationales. Pourtant, 26% de la population mondiale se réfère à l’Islam». Pour rendre son rayonnement à l’Islam, l’éducation reste la clé, selon Malek Chebel.
Un constat partagé par Mohamed Tozy, écrivain, politologue et lauréat du Prix de la culture amazighe. «Il y a beaucoup à faire au niveau des manuels scolaires pour répandre la culture de la tolérance et du dialogue… La culture du dialogue est un parti pris pour la vérité et la justesse. Malheureusement, on ne peut que constater l’énorme décalage entre la Constitution, référence de base, et le programme de l’éducation nationale», renchérit le politologue, soucieux de l’avenir de la diversité au Maroc.
De son côté, Catherine Enjolet, universitaire et écrivain, a donné à réfléchir par son intervention sur «la tolérance vis-à-vis de soi-même. Accepter l’autre dans sa globalité ne peut se faire que si l’on accepte ses propres zones d’ombre». A méditer.