L’art traditionnel rural à l’honneur

La galerie de l’immobilier Prestigia Anfa abrite du 13 mai jusqu’à fin juillet prochain l’exposition «L’art traditionnel rural au Maroc, de Tanger à Lagouira».

Tout l’éventail des arts traditionnels ruraux regroupés dans un même espace. Tel a été le pari gagnant de la galerie de l’immobilier Prestigia Anfa qui offre aux visiteurs l’occasion de faire le tour du patrimoine rural marocain.  Après les deux expositions, «Hassan El Glaoui» et «Mille et une broderies du Maroc» tenues en 2015, la galerie casablancaise rend hommage ainsi au savoir-faire millénaire des artistes inconnus de nos campagnes marocaines.

Cette riche collection appartient à Khalid El Gharib. L’homme a passé sa vie à réunir des objets, témoignage de la diversité et de la richesse du patrimoine traditionnel marocain. «Quand j’étais gamin, je travaillais chez un antiquaire. Ce dernier était toujours malheureux quand il vendait une pièce. Il était triste parce qu’il sentait qu’il sacrifiait ainsi une partie de la mémoire et de la culture de ce pays. Je me suis donc attelé depuis à rassembler cette collection, pièce par pièce», raconte M. El Gharib, collectionneur et antiquaire à Marrakech. L’homme a déjà prêté des objets à l’Institut du monde arabe à Paris ou à Bruxelles, chez Paul Dahon. «C’est la première fois que l’on organise une exposition dédiée exclusivement au monde rural marocain, de Tanger à Lagouira avec des objets qui datent du XVIe siècle jusqu’aux années 1950», ajoute-t-il.

Il s’agit de plus de 400 objets provenant des quatre coins du Maroc. Des objets usuels ou décoratifs qui montrent toute l’étendue des arts ruraux du Royaume. Qu’il s’agisse de poterie, des récipients à usage exclusivement utilitaire ou vaisselle à la décoration géométrique recherchée, que d’objets d’apparat, de guerre et de chasse, les mukahla, poires à poudre et poignards, l’exposition invite à redécouvrir les arts de la campagne. Puis il y a le vêtement rural avec ses broderies et ses motifs qui changent d’une région à l’autre, une série rare de djellabas, pièces d’étoffe, foulards, bandeaux et caftans ainsi que le bijou rural, des trésors d’orfèvrerie. Sans oublier les tapis, de véritables objets rares, un plaisir pour les yeux et les sens avec des losanges, lignes brisées, damiers, chevrons, croix, croisillons droits ou obliques, peignes et autres étoiles. «Depuis l’ouverture de la galerie, on a voulu faire du showroom, qui est un espace commercial, un carrefour culturel où l’on peut organiser de nombreux happenings pour la promotion et la mise en valeur de la culture : expositions, vernissages, photographies, conférences…», explique Sara Torres, directeur marketing et communication chez Prestigia. Après Casablanca, l’exposition «L’art traditionnel rural au Maroc…» voyagera par la suite à Marrakech.