L’art marocain se vend à  Paris

Les Å“uvres de l’exposition «Moroccan Spirit 1874-2014» ont été dévoilées à  Casablanca du 11 au 13 novembre, avant la vente aux enchères prévue le 25 à  Paris.

Du 11 au 13 novembre, la Villa des Arts de la métropole a prêté ses murs aux œuvres de l’exposition «Moroccan spirit 1874-2014» destinée à une vente aux enchères à Paris le 25 novembre. La collection qui retrace 140 années de création marocaine a été présentée au public marocain par la maison Artcurial, pionnière de la vente aux enchères en France et la Banque privée du groupe Attijariwafa bank. Un parfait timing pour cet événement qui trouve un appui providentiel dans l’ouverture récente du Musée Mohammed VI d’art contemporain et moderne à Rabat, ainsi que dans l’actuel engouement français pour les diverses expositions autour du Maroc. En effet, pour ne citer qu’elles, des institutions telles que le Musée du Louvre, l’Institut du Monde Arabe et l’Institut des Cultures de l’Islam reçoivent le Maroc comme hôte et source encore irrévélée de créativité. Car si l’orientalisme de Majorelle et de Portaels est connu de tous, l’exposition révèle une trentaine d’œuvres d’art moderne avec les noms de maîtres des années 60-80, tels que Miloud Labied, Chaïbia Tallal, Jilali Gharbaoui, Ahmed Cherkaoui ou encore Hassan El Glaoui. De la vague contemporaine, nous retrouvons des noms tels que Lalla Saadi, Hafidi ou encore Mounir Fatmi dont les œuvres représentent le mieux «les préoccupations de la jeune scène qui intéresse beaucoup les institutions internationales», explique Meryem Sebti, rédactrice en chef de Diptyk et curatrice des œuvres contemporaines de l’exposition.

Pour Olivier Berman, directeur du département Orientalisme de la maison Artcurial: «L’exposition Moroccan Spirit constitue un fond important d’œuvres artistiques que l’on ne trouve pas de l’autre côté de la Méditerranée. Historiquement, la France connaît les orientalistes. Les artistes contemporains y sont peu nombreux, mais reconnus. L’art moderne, par contre, est tout nouveau pour nous, aussi bien les naïfs que les abstraits». Et d’ajouter : «Il y a un potentiel énorme pour l’art marocain à l’étranger, aussi bien pour les collectionneurs étrangers que pour la communauté d’immigrés marocains. Le tout est de permettre une circulation beaucoup plus libre du marché de l’art. Ouvrir les frontières est essentiel».
10 000 euros pour un Chaibia Tallal, 20 000 pour un Jilali Gherbaoui, 35 000 pour un Mounir Fatmi et jusqu’à 200 000 euros pour un Majorelle, l’exposition Moroccan Spirit promet de faire connaître des œuvres de haute valeur permettant, si ce n’est déjà fait, d’introduire la création marocaine dans la cour des grands.