L’art barbare et sublime de Mo Yan

« Le Chantier », Mo Yan, 214 pages, Editions Points à  75 DH, ou Editions du Seuil à  230 DH, 2007.

Extrait :

«Comment t’y es-tu pris pour tuer mon chien ?… Espèce de tête de ragoût de mouton qui mérite mille morts, je vais te faire frire comme une crevette, je vais te cribler de balles et te transformer en passoire, je te ferai exploser la cervelle dans la machine à souffler le riz, espèce de sale bâtard plein de pus et de furoncles des pieds à la tête, pourri dans la chair comme dans l’âme ! Tu as volé mon chien mais tu ne l’emporteras pas au paradis !»

En quelques mots :

Yang Liujiu n’a pas le choix. Mao l’a nommé chef d’un chantier interminable dans la campagne chinoise. Les ouvriers ont faim, alors ils tuent les chiens qui rôdent alentour. La tension est palpable, des bagarres jalonnent régulièrement leur misérable routine. Mais c’est alors que deux germes de passions vont chambouler l’équilibre relatif de ce monde fermé : la découverte d’un trésor et l’arrivée de femmes chez ces mâles frustrés. Dans cette surprenante expédition dans la Chine rurale au temps de Mao, parsemée d’allusions aux événements dramatiques qui ont marqué l’histoire de la République Populaire, ces ouvriers révèleront leurs faiblesses et leurs souffrances. Certaines scènes sont d’une grande tristesse, d’autres tout simplement poignantes, mais l’humour n’est jamais loin, notamment par l’écriture délirante de Mo Yan.

L’auteur :

Prix Nobel de Littérature 2012, Mo Yan, dont le nom signifie «celui qui ne parle pas», est l’un des auteurs les plus prolifiques et les plus talentueux de sa génération. Auteur de près de 80 romans, il dépeint sans faillir la Chine contemporaine dans des œuvres souvent burlesques et profondément réalistes. Ses best-sellers ont été traduits en français chez Seuil : Beaux seins, belles fesses ; Grenouilles ; Le Pays de l’alcool ; La dure loi du Karma, ou encore Le supplice du Santal.
Ce qu’en pense La Vie éco :

«Celui qui ne parle pas » est, ici, intarissable. Et d’une fluidité ! Vous n’en ferez qu’une bouchée, de ce Chantier plein d’ouvriers, de bière et de drames. Vous en apprendrez, des choses, sur la Chine populaire, rurale, impitoyable, de Mao ; vous rirez souvent entre deux accès mélancoliques. Vous réaliserez, enfin, pourquoi l’Académie a décerné le Nobel de littérature à cet auteur prolifique, truculent, virtuose.  

«Le Chantier», Mo Yan, 214 pages, Editions Points à 75 DH, ou Editions du Seuil à 230 DH, 2007.

Proposé par la librairie Livremoi.ma