L’arbre dans l’univers Belkahia

Samedi 13 mai, un nouvel accrochage au musée Farid Belkahia a mis en lumière l’omniprésence de l’arbre dans l’œuvre de l’artiste peintre Farid Belkahia. Une table ronde sur le sujet a été organisée à l’occasion, avec des spécialistes de diverses disciplines et le soutien de la Fondation OCP.

«L’entre-monde ou la symbolique de l’arbre chez Farid Belkahia» est l’intitulé de l’exposition nouvellement accrochée aux murs du musée Belkahia à Marrakech. Pour l’étayer, une conférence de presse a réuni des amis et connaisseurs de l’œuvre du pionnier de l’art contemporain, à même de mettre en évidence l’antériorité de son intérêt pour l’arbre comme symbolique de vie. Pour son épouse, l’écrivaine Raja Benchemsi, ce fut là un retour indispensable à la lumière de la prise de conscience récente, mais grandissante, du fait écologique et des dangers qui menacent la planète. L’artiste Farid Belkahia qui, très tôt, troqua les couleurs industrielles pour les pigments naturels, portait une fascination sans bornes pour les plantes en général et pour l’arbre en particulier. «L’arbre c’est comme l’homme en réalité», disait l’artiste. Ainsi l’ont confirmé le critique d’art Farid Zahi, le spécialiste du soufisme Muhammad Valsan, l’historien d’art Alexandre Kazérouni ou le poète Mustapha Naissabouri qui a gardé jalousement une œuvre offerte par l’artiste peintre et qui représentait un arbre «orné de signes et de symboles», «dégageant une impression de permanence et de stabilité» et autour duquel s’animent neuf personnages vaquant à la vie…

Une rencontre lointaine

Il est, paraît-il, fortement révolutionnaire que de traiter d’art contemporain dans les hauts milieux du soufisme. Muhammad Valsan, lui, ne s’y est pas conformé et est allé d’une autopsie de la symbolique de l’arbre chez Belkahia. Il a rapporté ainsi cette histoire, mise en écrit par Rajae Benchemsi, de la rencontre authentique de l’artiste avec l’arbre. C’était lorsqu’il s’est perdu dans les Carpates en Tchécoslovaquie, seul dans le noir d’une forêt haute où seul un œil de lumière le guidait. Cette rencontre décisive a également été développée par Alexandre Kazérouni, qui occupe également le poste de co-président de la Fondation Belkahia et membre du comité scientifique du Mathaf. C’était au début des années 60 et depuis l’arbre a pris place dans l’œuvre de Farid Belkahia mais sous des formes anthropomorphiques qui évoque ce rapprochement entre l’humain, ses origines et ses espoirs, et l’arbre, ses racines et ses branches.

Grâce aux engagements fortement imprégnés d’écologie, de la Fondation du musée Farid Balkahia, un partenaire officiel avec la Fondation OCP a été conclu pour accompagner les différents projets et expositions à venir.