L’ambassade de France remet le Prix Grand Atlas 2010

Deux gagnants : Mohamed Loakira pour son roman «L’Inavouable» et Mohamed El Ammari pour sa traduction du roman «Le livre du rire et de l’oubli» de Milan Kundera.

Le Prix Grand Atlas a été décerné vendredi 25 juin, à l’occasion d’une cérémonie présidée par l’ambassadeur de France à Rabat, Bruno Joubert, à Mohamed Loakira pour son roman L’Inavouable (éditions Marsam, 2009) et à Mohamed El Ammari pour sa traduction du roman Le livre du rire et de l’oubli de Milan Kundera (éditions du Centre Culturel Arabe, 2009). Organisé par le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) de l’ambassade de France au Maroc, le Prix Grand Atlas existe depuis 1991 et récompense, suivant les années, les catégories «fiction» (romans, nouvelles, poésie, théâtre), «essais en sciences humaines et sociales» et «traduction».

Une prime de 40 000 DH pour chacun des deux lauréats

Pour l’édition 2010, les romans et nouvelles de langue française édités au Maroc, et les traductions de romans du français vers l’arabe, publiés entre octobre 2007 et décembre 2009, étaient concernés. Présélectionnés par une commission de lecture, dix ouvrages étaient ainsi retenus dans la catégorie «littérature francophone» et trois dans la catégorie «traduction». Le jury, présidé par le journaliste et écrivain français, Daniel Picouly, et composé de Claude Burgelin, écrivain et professeur de littérature contemporaine à l’université de Lyon, de Jihad Dolez, directrice d’édition et professeure agrégée d’arabe, de Mohamed Gounajar, professeur à Aïn Chock dans la toute jeune licence professionnelle «Métiers du livre», d’Anne Roche, professeure émérite à l’Université de Provence, de Kamal Toumi, enseignant à Meknès et traducteur, et de Karima Yatribi, professeure à l’université Hassan II d’Aïn Chock, s’est attaché, après d’âpres délibérations, à départager chacun de ces ouvrages en fonction du style et de l’expression. Il a finalement récompensé L’Inavouable de Mohamed Loakira, déjà récompensé en 1995 pour son recueil de poèmes Grain de nul désert (éditions Al Ittissal), et Mohamed El Ammari. Les deux lauréats, repartent chacun avec un chèque de 40 000 DH.
Né à Marrakech et ancien haut-fonctionnaire du ministère de l’enseignement supérieur et du ministère de la culture, Mohamed Loakira retrace dans L’Inavouable, récit poétique d’une réalité sociale, le quotidien de Mamoun durant les années de plomb, un être qui lutte pour s’évader et échapper à la déchéance.  L’auteur prépare actuellement un prochain ouvrage de poésie. Docteur en langue et littérature arabe et professeur à l’université, Mohamed El Ammari a déjà traduit Umberto Eco et travaille actuellement sur l’œuvre de Milan Kundera. Ecrit en 1978, Le livre du rire et de l’oubli tourne autour de Tamina, le principal personnage et le principal auditeur. Un titre qui vient donc enrichir la bibliothèque arabophone, pour le plus grand bonheur des curieux et amoureux des mots. «Quand la lecture ne surprend plus, il faut arrêter», a joliment conclu M. Picouly.