La saison culturelle du Maroc en France célèbre ses arts foisonnants

Ils en ont de la chance, les Français! Dès le 15 octobre, une facette insoupçonnée du Maroc, à  mille lieues du folklore habituel, leur sera présentée dans trois musées parisiens, dont le mirifique Louvre.

Au Louvre, le Maroc médiéval (1053-1465)

Du 17 octobre 2014 au 19 janvier 2015, dans le Hall Napoléon.
À tout seigneur tout honneur. Commençons notre balade muséale par le Louvre, qui organise une exposition assez impressionnante sur le Maroc du onzième au quinzième siècle, une période qui a vu se succéder trois grandes dynasties, celles des Almoravides, des Almohades et des Mérinides. Des empires aux conquêtes importantes, qui leur ont fait sillonner de vastes territoires, du sud du Sahara au nord de l’Algérie, de la Tunisie et de la Libye actuelles. «L’influence de ces empires, unissant pour la première fois les confins de l’Occident islamique, a rayonné jusqu’en Orient», soutient le musée français qui propose pour l’occasion près de 300 œuvres, mêlant des chefs-d’œuvre spectaculaires et connus comme le lustre-cloche de la mosquée Al Qaraouiyyine de Fès à des objets plus confidentiels, méconnus, découverts assez récemment. Des portes et des chapiteaux côtoieront des Minbars, des bassins d’ablutions, des manuscrits. Le visiteur pourra également admirer des céramiques, d’antiques pièces de monnaie. Un pan de notre histoire nous sera révélé lors de cette exposition, organisée en partenariat avec la Fondation marocaine des musées. D’ailleurs, elle sera également présentée au Musée Mohammed VI d’art contemporain de Rabat, qui ouvrira ses portes le 25 septembre prochain. Pour les détails, visitez le site louvre.fr, rubrique événements.

Au Musée Delacroix, des objets, de la peinture et des souvenirs

Du 5 novembre 2014 au 9 février 2015, au 6, rue de Fürstenberg, dans le sixième arrondissement parisien.
Malgré son nom pompeux, le Musée national Eugène Delacroix est un tout petit appendice du Louvre, niché au creux de la place Fürstenberg à Paris. Ici, rien de solennel. Un appartement, un atelier et un joli jardin, entretenus avec soin. La dernière demeure du peintre français (1798-1863) est un havre de sérénité et d’arts. Delacroix disait s’y réveiller «en voyant le soleil le plus gracieux sur les maisons qui sont en face de {sa} fenêtre». Et d’ajouter, exalté, que «la vue de mon petit jardin et l’aspect riant de mon atelier me causent toujours un sentiment de plaisir». Sauvé d’une destruction «sacrilège» en 1929 par une poignée d’artistes et d’historiens passionnés, transformé en musée national en 1971, cet endroit paisible et charmant accueille du 5 novembre 2014 au 9 février 2015 «Objets dans la peinture, souvenir du Maroc», une exposition de reliques rapportées par Eugène Delacroix de son voyage en Afrique du Nord en 1832, un périple extrêmement fécond pour l’artiste, lui ayant inspiré des centaines de croquis et d’aquarelles. «L’exposition permet ainsi, en mettant en valeur cette part insigne de la collection permanente du musée, d’étudier l’aspect réaliste et fantasmagorique de l’œuvre orientaliste de Delacroix», affirme le Musée, poursuivant qu’«au souvenir du Maroc, se mêlait une vision imaginaire et sensible nourrie par la littérature et la musique de son temps». Les détails sur le site : musee-delacroix.fr.

À l’Institut du monde arabe, de l’art moderne et contemporain

Du 15 octobre 2014 au 25 janvier 2015, au 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, Place Mohammed V, dans le cinquième arrondissement parisien. Venons-en au Maroc contemporain. Un Maroc aux arts foisonnants que l’Institut du monde arabe a choisi de pleinement célébrer. Sur le parvis de l’édifice, une tente traditionnelle du Maroc saharien vous accueillera comme il se doit, vous offrira spectacles, thé, pâtisseries et artisanat. Ensuite, à l’intérieur, sur 2500 mètres carrés, s’étendra la grande exposition événement, qui vous donnera un aperçu sur le travail de plus de 80 artistes marocains vivants, pas seulement peintres, mais aussi designers, vidéastes, architectes, stylistes, etc. «L’une des plus importantes expositions jamais consacrées en France à la scène artistique contemporaine d’un pays étranger», vante l’IMA, qui a également prévu une trentaine de concerts pour tous les goûts musicaux, quatre spectacles de danse ainsi que des projections du «meilleur du cinéma marocain». Consultez le programme détaillé sur le site : http://www.imarabe.org/