La Marche Verte dessinée par Ayoub Qanir

Le jeune réalisateur Ayoub Qanir, basé aux États-Unis, vient d’éditer une bande dessinée sur la Marche Verte avec un dessinateur de chez Marvel. Il répond à nos questions au sujet de ce projet ambitieux.

La marche verte en bande dessinée, en voilà un projet ambitieux! Qu’est-ce qui vous l’a inspiré ?

J’ai toujours été passionné par ce moment de l’Histoire. C’est un moment qui nous est cher et qui a une dimension non seulement politique, mais émotionnelle. Le but n’est pas de réécrire l’Histoire mais de la servir.  Et je trouve qu’il n’y a pas mieux que l’image pour traduire cela. J’ai pensé à la bande dessinée comme j’aurais pensé à un film, un projet qui va suivre d’ailleurs incha Allah, parce que ce sont les deux moyens à travers lesquels je m’exprime le mieux. J’ai toujours voulu créer une bande dessinée marocaine. J’ai trouvé que la Marche Verte avait tellement de potentiel et de messages à véhiculer. C’est un projet qui me passionne depuis toujours et que je garde dans un coin de mon cœur depuis des années maintenant ! La bande dessinée est également un moyen de toucher la jeunesse et de lui rappeler qui nous sommes et ce dont nous sommes capables. J’espère que nous arriverons à rendre justice à l’histoire et à ces gens courageux qui ont défendu notre pays !

Il y a également le projet de film derrière. N’est-ce pas un lourd fardeau pour un jeune réalisateur, surtout au vu des moyens que cela va vous demander ?

Je n’ai jamais été raisonnable lorsqu’il s’agit de rêves à réaliser ! (Rires). C’est peut-être un défaut. C’est sûrement idéaliste, mais j’aime y croire. À titre d’exemple, pour le projet de la bande dessinée, beaucoup de gens me croyaient fou et m’en dissuadaient. Lorsque j’ai présenté le projet, j’ai eu le soutien de nombreux instituts et associations. Les rêves deviennent souvent réalité, il faut simplement y tenir ferme… Ce film est très important pour nous en tant que marocains. C’est une réaffirmation de notre passé et de notre avenir. J’aimerais beaucoup que ce projet représente une fierté et constitue un hommage pour les personnes qui ont fait partie de cette aventure.

Quelles ont été vos principales sources et références pour établir l’histoire de la Marche verte ?

J’ai eu la chance de travailler avec une grande équipe. Omar Mrani, qui a co-écrit l’histoire, est journaliste et passionné de cinéma. Il s’agit d’une fiction sur fond historique sur l’histoire émotionnelle entre un père et son fils. Pour l’histoire, nous avons fait énormément de recherches, nous avons beaucoup lu et surtout nous avons collaboré avec le grand historien Seddik Maaninou, journaliste, ancien directeur de la SNRT et secrétaire général du ministère de la communication. Ce dernier est l’un des premiers journalistes marocains à avoir assisté à la marche. Nous avons eu l’immense privilège de compter sur la collaboration de Magnum Photos de New York qui nous ont permis les droits du grand photographe français (né au Maroc en 1941) Bruno Barbey, photographe officiel de la marche, présent lors de l’événement il y a 40 ans…

Comment s’est passée la collaboration avec le dessinateur de Marvel ?

Juan Doe est un artiste exceptionnel. Rigoureux et passionné, il a tout de suite été emballé par le projet et l’histoire. La portée historique de la Marche Verte l’a beaucoup touché et il a su transmettre toute l’émotion à travers ses dessins. Très professionnel, il a toujours été à 100% dans cette aventure.

Avez-vous des appréhensions par rapport à la portée politique de cet ouvrage ?

Non, pas vraiment. Plus que politique, il s’agit d’histoire, d’une fierté du pays. Je trouve que cette marche a davantage une portée culturelle pour la jeunesse et l’accès de cette bande dessinée dans les écoles qu’une portée politique. L’histoire est au service d’une histoire, d’une fiction. Notre but n’est pas politique. Il est culturel et éducationnel : rappeler à tous les jeunes marocains  la force de cet événement, sa portée et son impact.

Quelle est la prochaine étape pour la promotion de cette bande dessinée ?

En plus d’une distribution gratuite, physique et électronique (disponible sur tous les supports en-ligne marocains) pour que tout le monde y ait accès, nous allons faire une exposition avec un grand nombre de photos exclusives et magnifiques de Bruno Barbey ainsi que les différentes planches, dans les couloirs de l’Université Internationale de Rabat. Notre objectif est qu’elle soit accessible à tous les élèves et étudiants marocains. C’est là tout mon objectif. À long terme, j’aimerais beaucoup en faire un film comme je vous l’ai dit. Affaire à suivre…