La Fondation nationale des musées fait son bilan

Deux ans après le début de son exercice, la Fondation nationale des musées fait le bilan de ses actions concrétisées et dévoile celles à  venir.

Il n’était pas peu fier le Mehdi Qotbi qui nous a reçus au siège de la Fondation nationale des musées à l’occasion des 2 ans de l’institution. Au bilan, des chiffres sur les diverses expositions organisées au Maroc et à l’étranger, des perspectives d’avenir et quelques bonnes nouvelles pour les artistes et professionnels de l’art.

Moins de TVA sur l’art

Une baisse de 20 à 10% de la TVA sur les œuvres d’art. Voici une bonne nouvelle pour tous les professionnels de l’art. «Je remercie le ministre des finances et le directeur des Impôts qui ont accepté d’entreprendre cette démarche qui encouragera les investisseurs et les métiers d’art à venir s’installer au Maroc, pour travailler et créer des emplois.

Le Maroc va constituer de ce fait une plateforme inespérée pour l’Afrique, comme vis-à-vis du monde arabe», affirme le directeur de la FNM. Une nouvelle à même d’encourager le secteur privé à s’impliquer davantage dans le marché de l’art, ambition pour laquelle la fondation est déjà en action.

La fondation livre également bataille aux fraudeurs. À ce titre, «nous sommes en contact permanent avec des groupes parlementaires pour couper l’herbe sous les pieds des faussaires», à travers l’élaboration d’une législation à même de protéger l’art.

«Nous remercions la Gendarmerie royale qui nous donnera la possibilité d’utiliser le laboratoire pour la datation des œuvres au carbone 14», ajoute le directeur de la fondation qui se dotera d’une commission de validation et d’acquisition des œuvres d’art.

La fondation en chiffres

Dans son exposé du bilan de ces deux années d’exercice, le directeur de la fondation a annoncé que le musée Mohammed VI d’art contemporain et moderne a totalisé plus de 50000 visiteurs depuis son ouverture.

«Ceci prouve la soif de culture chez les Marocains», commente-t-il. Un résultat qu’il estime plus que satisfaisant pour la jeune vie de la fondation qui par ailleurs multiplie les activités au Maroc comme à l’étranger.

Sur la longue liste de chiffres devant lui, Mehdi Qotbi pioche de quoi étayer ses propos. À titre d’exemple,  l’exposition «Splendeurs de Volubilis» à Marseille, qui a eu lieu du 12 mars au 25 août dans le cadre du Mucem, a drainé 173000 visiteurs.

Jusqu’à aujourd’hui, 150000 personnes ont visité l’exposition du «Maroc contemporain» à l’Institut du Monde Arabe. 160000 visiteurs ont eu accès à l’exposition du Louvre «Le Maroc médiéval, un empire de l’Afrique à l’Espagne».

Pour attester du succès de cette exposition, un partenariat avec le Musée du Prado en Espagne est annoncé pour une escale à Madrid courant 2015.

Pour Mehdi Qotbi, ces expositions à l’étranger rentrent dans le cadre de «la diplomatie culturelle telle que voulue par sa Majesté.

C’est la meilleure publicité pour l’ouverture et la tolérance du Maroc. Nous avons compté plus de 126 publications sur le Maroc jusqu’à ce jour».

Pour ce faire, la fondation a travaillé dès le démarrage de ses fonctions à établir des partenariats avec des institutions importantes telles que le Louvre, le Mucem, la direction des Musées de France, la Smithsonian foundation de Washington.

«Ceci est essentiel pour notre fondation qui, outre le rayonnement de ses expositions,  bénéficiera de la formation de cadres artistiques compétents. Ce qui est primordial pour l’avenir et la pérennité de la fondation et des œuvres qui se trouvent dans les musées».

Mais verra-t-on le Musée Mohammed VI accueillir, à son tour, des expositions de ces musées ? «Nous sommes bel et bien en négociation pour que le Musée Mohammed VI reçoive des expositions de maîtres, tels que Picasso et Braque.

Il est évident que le rôle du musée est également d’offrir aux Marocains une fenêtre sur le monde», affirme Mehdi Qotbi, en insistant sur les exploits déjà réalisés en si peu de temps.

À quand la décentralisation?

En partenariat avec l’Agence du Bouregreg, la fondation donnera naissance prochainement à un grand musée de l’archéologie et des sciences de la terre, qui sera le pendant du Grand théâtre de Rabat.

Mais quid du reste du pays? Une réelle stratégie nationale s’impose et Mehdi Qotbi nous révèle que le cabinet McKinsey a proposé d’élaborer le plan d’action à venir de la fondation.
«Mais avant de planifier l’avenir, un travail de consolidation des musées déjà existants s’impose.

Un plan d’entretien et de restauration est de première nécessité sur le plan national», ajoute M. Qotbi. Et de conclure: «Heureusement, nous pouvons compter sur l’adhésion des autorités et des présidents de communes et de régions qui sont tout à fait impliqués dans la dynamique culturelle lancée par Sa Majesté», conclut-il.