La Fondation nationale des musées : cinq ans de gloire

La FNM a dressé le bilan des activités de ces cinq dernières années. Expositions multiples, conventions avec des institutions mondiales, restauration de musées régionaux, Biennale de Rabat et rayonnement à l’étranger sont à l’actif de la FNM. Et ce n’est pas fini…

«Le musée est un des lieux qui donnent la plus haute idée de l’homme», disait André Malraux. Et combien d’années nos musées étaient cantonnés dans la négligence absolue et le mépris réservé aux vestiges passéistes… Dans un pays comme le Maroc, où chaque recoin recèle des trésors d’histoire et de culture, la stratégie muséale n’a que trop tardé à s’établir et à se consolider avec une évolution dynamique. Pas peu fier de la situation actuelle des musées nationaux, Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées, ne cesse de souligner que «depuis le début de son règne, S.M. le Roi a demandé le développement des musées. Aujourd’hui, la FNM a exactement sept ans. Mais la vraie naissance de la FNM a été concrétisée par l’ouverture du MMVI et le lancement par le Souverain de l’exposition inaugurale qui a rendu hommage et donné de la visibilité à tous les artistes marocains modernes et contemporains».
Ceci étant dit, d’autres musées sont nés depuis, «tels que le Musée de l’histoire et des civilisations à Rabat, le Musée des confluences ou Dar El Bacha à Marrakech, qui menaçait de tomber en ruines et qui est aujourd’hui un palais sublime, Dar Si Said qui abrite aujourd’hui le Musée national du tissage et du tapis, le Musée la Kasbah des cultures méditerranéennes de Tanger, aujourd’hui cité en exemple par la presse espagnole, le Musée national de la céramique à Safi, ou de l’archéologie à Tétouan, le Musée des arts de l’Islam Al Batha à Fès, qui sera bientôt voisin du Musée de la mémoire juive marocaine», ajoute M.Qotbi.

Mais l’ambition va au-delà de la simple exhibition plastique. La production de grands événements artistiques est de mise pour donner vie aux différents établissements affiliés à la fondation, ainsi que des collaborations avec de grandes institutions mondialement reconnues, à même de mettre à niveau la gestion et le rayonnement des musées marocains. L’art marocain a également voyagé au-delà des frontières afin de redessiner le profil du Maroc culturel. La Biennale de Rabat est venue concréter le projet rêvé de la FNM : faire de la capitale une ville lumière au rayonnement africain et international.

Des expositions par dizaines

Au bilan de la FNM s’agrègent des expositions réparties sur tout le Maroc. Si le Musée Mohammed VI a cumulé pas moins de vingt expositions en cinq ans à peine, les autres musées du pays ne sont pas en reste. «1914-2014, cent ans de création», «Le Maroc médiéval, un Empire de l’Afrique à l’Espagne», «César, une histoire méditerranéenne», «Femmes artistes marocaines de la modernité 1960-2016- FAMM», «Un regard sur l’Afrique», «Face à Picasso», «De Goya à nos jours : regards sur la collection Banco de España», «Les couleurs de l’impressionnisme, chefs-d’œuvre des collections du Musée d’Orsay», pour ne citer qu’elles, ont réussi à sensibiliser, voire à créer un public national et à consolider l’offre artistique de la capitale.

Loin de Rabat, les musées régionaux ont eu droit à des expositions de prestige, à même de redorer le blason de ces hauts lieux de culture : «Lieux Saints partagés : au croisement des trois religions monothéistes», à Dar El Bacha, «Bijoux citadins et ruraux entre beauté et génie» au Musée de la Kasbah de Tanger, «Créations d’hier et d’aujourd’hui» à Dar Si Said de Marrakech, «Le Maroc pré-romain», Musée de l’Histoire et des civilisations de Rabat, et «Voyage de Patty Birch, passion et collection» au musée des confluences Dar El Bacha.

La cour des grands

Pour le MMVI, 2014-2019 était le quinquennat rêvé. Dans la vie de tout musée qui se respecte, il faut travailler en collaboration avec des institutions de renommée internationale. Et le Musée MohammedVI a eu droit aux meilleures : Musée du Louvre, Musée Pouchkine, Musée Pompidou, Musée d’Orsay, Institut du Monde Arabe, Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, Smithsonian, Musée national Picasso, Fondation Giacometti ou encore Fondation César.

La signature de conventions avec ces monuments universels de l’art et de l’histoire est plus qu’un gage de confiance et de reconnaissance pour le Maroc, la qualité de sa stratégie muséale et le professionnalisme des équipes de la FNM et du MMVI.

Si la FNM a veillé à diversifier l’offre culturelle au Maroc, à travers l’accueil et la promotion des créations du monde, son objectif a également été de rendre hommage et à faire découvrir la culture millénaire marocaine dans divers pays.

Encore une fois, c’est avec des institutions de renommée internationale que se sont conclues les collaborations. En 2014 – 2015, l’Institut du Monde Arabe a accueilli «Le Maroc contemporain».

A l’occasion de la visite officielle de S.M. Mohammed VI à Moscou, en 2016, le Musée Pouchkine a accueilli «Maroc-Russie, une histoire antique partagée». «Le Maroc à l’honneur à Abou Dhabi» a duré de 2016 à 2018, etc.
Restauration et réaménagement de nouveaux musées.

La Biennale de Rabat

La Biennale, c’est l’histoire de Rabat qui se voulait «Ville lumière, capitale de la culture» et qui a réussi son défi relevé par la FNM, grâce à la collaboration de l’historien d’art et architecte Abdelkader Damani, désigné commissaire général de l’exposition. Plus de 120000 visiteurs ont fréquenté les lieux et les événements de la Biennale de Rabat depuis son lancement le 24 septembre 2019. Clôturée le 18 décembre par l’organisation du «Parlement des écrivaines» qui rassemble près de 50 écrivains, en collaboration avec l’Académie du Royaume, deux tables rondes et d’un récital poétique, la Biennale aura fait un bien considérable au projet ambitieux de placer Rabat comme capitale de la culture, surtout en mettant la lumière sur la création féminine et en rendant hommage au génie féminin dans la littérature.

Au menu de 2020

Et comme on s’y attend désormais, la fondation a dévoilé le programme de l’année 2020. Toujours dans l’orientation de consolider l’infrastructure, le premier musée dédié à la photographie sera inauguré au Fort Rottembourg de Rabat, dès le 14 janvier, par une carte blanche commissariée par Yassine Alaoui Ismaili, alias «Yoriyas» sous le thème «Sourtna».

A Meknès, le musée Dar Jamai sera dédié à l’histoire de la musique au Maroc, tandis que le Musée Borj Belkari sera consacré à l’histoire de la ville. Sont prévues également l’ouverture du Musée de Bab Okla de Tétouan et celle du Musée de la place Jamaâ El Fna qui retracera le patrimoine immatériel de Marrakech.

Le Maroc s’envolera à Madrid pour prendre place au Musée archéologique national, au Musée de la Reina Sofia, au Musée des costumes et à la Casa Arabe. Il ira également en Chine, présenter au Musée national de Pékin. Le MMVI, quant à lui, accueillera l’artiste marocain Fouad Bellamine, Eugène Delacroix et l’art contemporain africain. Bon régal !