La Fondation Al Saoud enquête sur l’édition au Maroc

La Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud a partagé son étude sur l’édition au Maroc de l’année 2014/2015, en marge du Salon international de l’édition et du livre.

Le Maroc dispose de peu de statistiques fiables au sujet de l’édition au Maroc. Et pour cause. Tous les livres publiés au Maroc ne sont pas déposés légalement à la Bibliothèque nationale du Royaume et «de nombreux dépôts légaux concernent des livres qui n’ont jamais vraiment été publiés», explique l’universitaire Kacem Basfao. Sans parler des publications éditées à l’étranger. Il en résulte forcément que les études et les rapports internationaux sont induits en erreur par ce manque de statistiques. C’est en ce sens que la Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud a mené son étude sur l’édition au Maroc de l’année 2014/2015. Il s’agit d’un travail très important aussi bien pour les professionnels du livre qui peuvent compter sur des chiffres vérifiés pour affiner leur cible ou leur produit, que pour les analystes qui veulent avoir une idée sur le secteur pour développer une réflexion dessus.

L’étude, disponible sur CD rom, donne accès à un grand nombre d’informations au sujet des publication de l’année 2014/2015 qui a connu la publication de 2448 livres dont 82% en arabe, 15,5% en français et 1% en amazigh. On y apprend que la plupart des publications concernent la littérature et les études littéraires avec 664 ouvrages, le droit, la société et les études islamiques avec 232 ouvrages.

Beaucoup d’autres informations s’en dégagent, telles que celles concernant les traductions qui n’ont pas dépassé les 5% des ouvrages, c’est-à-dire 119 titres. Mais c’est un chiffre important comparé aux années précédentes où les traductions ne dépassaient pas les 30 ouvrages. Ces traductions sont faites majoritairement du français vers l’arabe, dans une moindre mesure de l’espagnol vers l’arabe et cela concerne surtout les littéraires et les ouvrages académiques.

L’étude de la Fondation Al Saoud n’a pas oublié les statistiques de genre. 13% des auteurs seulement sont des femmes, un chiffre qui reste en deçà des attentes, surtout avec l’accès important des femmes aux études doctorales en littérature et sciences humaines. On apprendra aussi que les femmes écrivent en arabe principalement et se limitent à la littérature. C’est-à-dire qu’il est rare de trouver une signature féminine d’un ouvrage d’économie, de philosophie, d’histoire ou de politique. Chose qu’on espère se développer à l’avenir.