La danse en fête à  Casablanca

Impulsée par la compagnie Fleur d’orange, «Action danse» se déroulera du 8 au 29 octobre à  Casablanca. C’est une manifestation multiple dont le but est la sensibilisation du public à  l’art, un peu négligé, de la danse et de la chorégraphie.

La première édition d’ «Action danse» se déroulera du 8 au 29 octobre à Casablanca. Dès qu’on aiguille son initiatrice, Hind Benali, sur le chapitre de la danse, ses yeux se mettent à pétiller de joie, elle est intarissable. Elle est habitée par cet art. On croirait qu’elle est tombée dans le chaudron de cette potion magique à la naissance.

Ce qui ne l’a pas dispensée d’un apprentissage rigoureux. D’abord, sous la houlette de Lahcen Zinoun, auquel elle se dit redevable de sa maîtrise de la danse classique, ensuite, à travers des stages qu’elle enchaîne afin d’affiner sa connaissance de la danse contemporaine. La danse étant un domaine inépuisable, Hind Benali passe le plus clair de son temps à s’abreuver à ses sources vives. Et c’est justement cette passion de la danse qu’elle voudrait faire partager.

Le pari est difficile. Car, la danse, art du corps, effraie les Marocains comme leurs dirigeants. Est-ce en raison des tabous liés à l’intime, à la sexualité, aux interdits et désirs cachés ? Les Marocains rechignent à se mouvoir hors de la sphère privée, quant aux responsables politiques, ils hésitent souvent à cautionner une manifestation axée sur la danse ou la chorégraphie. Hind Benali ne cesse de l’apprendre à ses dépens. Le ministère de la culture, à la porte duquel elle a frappé avec insistance, fait pour l’heure la sourde oreille.

Les sponsors, sollicités, ne se bousculent pas au portillon. Pendant que les administrations promettent mais ne semblent pas pressées d’honorer leurs engagements. Ce ne sont pas ces menus désagréments qui risquent de distraire Hind Benali du chemin qu’elle s’est tracé, celui de plaider la cause de la danse. Par l’acte.

Plus convivial, difficile d’imaginer ! Le programme de la première édition d’Action danse, intitulée significativement «un temps d’échange», déploie un éventail de rencontres, de têtes d’affiche et de tendances chorégraphiques réjouissantes. L’accent est mis sur la formation féconde. Enseignants de danse et danseurs confirmés pourront en bénéficier.

Avec profit, si l’on en juge par la haute estime dans laquelle sont tenus les trois mentors : Martin Kravitz, Sidi Graoui, Sania Salou. Les novices n’auront qu’à se rendre dans l’une des écoles casablancaises de danse pour améliorer leurs performances et les jeunes des quariers déshérités ne seront pas oubliés, un enseignement est prévu à leur intention.

Pour assurer le spectacle, c’est l’Afrique qui a été élue, puisque ce sont le trio de Thabiso Pule et Thami Maneckela d’Afrique du Sud, la compagnie Baninga du Congo et le solo du Sénégalais Pape Ibrahim Ndiayé, qui se produiront au Complexe Touria Sekkat. Il n’y a plus qu’à entrer dans la danse.