La culture pour en finir avec la violence

Organisée les 21 et 22 juin, en marge du Festival Gnaoua et musiques du monde, la huitième édition du Forum d’Essaouira des droits de l’Homme sera consacrée à la culture comme rempart à la violence.

Cela fait huit ans que le Festival Gnaoua et musiques du monde s’investit dans la genèse et l’enrichissement des grands débats de société, grâce à son partenariat avec le Conseil national des droits de l’Homme. «La force de la culture contre la culture de la violence» est l’intitulé de la huitième édition du Forum d’Essaouira, qui se tiendra les 21 et 22 juin, à Essaouira.

Des artistes, académiciens et acteurs politiques et associatifs, issus du Maroc, du Maghreb, de la région arabe, d’Afrique et d’autres régions du monde, se pencheront sur la violence dans le monde, sa genèse et son développement, ses modes et manifestations diverses, ses catalyseurs et amplificateurs, ainsi que l’issue de secours que représente la culture dans toutes ses composantes.

Une ère brutale

Que l’on soit un grand épris de l’abstraction ou un partisan du concret, l’on ne peut que s’intéresser fortement à la thématique de la huitième édition du Forum d’Essaouira. Et pour cause. Nous sommes à l’ère de toutes les violences: extrémisme religieux, violences urbaines, agressions ethniques, xénophobie, homophobie… Dans l’acte, comme dans le discours, la violence s’étend de la sphère sociale au champ politique interétatique.

Le phénomène connaît même une certaine normalisation, résultant de la course à l’information et l’explosion des réseaux sociaux. Avec l’avènement et l’installation du «buzz» comme mode apothéotique du renseignement, le sensationnalisme ne connaît plus aucune limite. La sordidité et la morbidité sont devenues des impératifs de la communication, défiant ainsi toute déontologie ou code moral.

Le rôle de certaines formes de divertissement et d’une certaine culture, dans la banalisation de la violence, ne sera pas omis dans ce panel qui connaîtra les interventions de Abdelkrim Jouiti, écrivain (Maroc), Laure Adler, journaliste et essayiste (France), Gilles Manceron, historien (France), Aminata Touré, ex-Premier ministre, présidente du Conseil économique, social et environnemental (Sénégal), Nadia Kaci, actrice (France – Algérie).

Un espoir nommé culture

Dans le sinistre tableau de l’actualité du monde, des points de lumière percent et promettent une issue favorable. En tout temps, la culture a permis à des peuples de resserrer les rangs, en se rassemblant autour de valeurs communes, de se lier d’amitié avec l’altérité, voire de renaître après les cataclysmes, en restituant la paix et le dialogue avec autrui. L’Espagne n’a-t-elle pas eu sa Movida pour se rétablir du franquisme? De même, la Palestine émeut et interpelle le monde grâce à son Darouich (poète) et son Elia Suleiman (cinéaste). Ce n’est pas pour rien que la culture constitue la cible première de toute invasion armée. Plus que des actes de pillage et de destruction, les attaques fomentées visent à annihiler l’identité de l’autre, son histoire et son intégrité : le comble de la violence.

Aussi, la culture est ce ciment social nécessaire en temps de crise. Quel rôle peut jouer la culture pour combattre la barbarie et éduquer à la différence et à la tolérance? Pour lever les malentendus entre des communautés antagonistes et permettre un dialogue, une ouverture sur l’autre ? Ce sera l’objet des interventions de Edwy Plenel, journaliste (France), Mahi Binebine, plasticien et écrivain (Maroc), Mouna N’Diyae, comédienne et réalisatrice (Guinée / France), Abdelouahab Rafiqi, autrement appelé Abou Hafs, directeur du centre de recherches Al Mizane (Maroc), Fatiha Taib, professeur universitaire (Maroc), Seif Kousmate, photographe (Maroc/France). Rendez-vous donc au forum. L’entrée est libre.

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