La capitale aux rythmes de Mawazine

Du 20 au 28 mai, Rabat vivra au rythme de la 15e édition du Festival Mawazine rythmes du monde. Comme à l’accoutumée, un programme riche et divers attend les festivaliers.

Et voilà arrivé le dernier rendez-vous festif, avant le mois sacré de Ramadan. Mawazine rythmes du monde célébrera une quinzième édition en présence d’artistes nationaux et internationaux, venus animer les six scènes du festival. Au programme, du frais, de l’énergétique, du mainstream et du spirituel. Un peu de déjà-vu et pas mal de nouveautés : il y en a pour tous les goûts.
Ça se passe au Bouregreg

Si c’est la scène OLM Souissi qui brille d’habitude avec ses super stars, aux millions de disques vendus, il serait temps d’aller explorer les autres scènes du festival. Car cette année, le programme a ciblé un public très jeune. Du Chris Brown, du Pitbull, du maître Gim’s et du Kendji pour finir par Christina Aguilera. Pour les amoureux des rock bands mythiques ou des icones universelles, il va falloir attendre la prochaine édition.

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Il serait donc bon, cette année, de traîner du côté de la scène Bouregreg qui s’illustrera avec un programme croustillant en présence d’artistes très intéressants et bien costauds artistiquement. Pour commencer, il ne faut pas rater la cantatrice malienne Rokia Traoré qui, en plus de son art, s’illustre par son militantisme en faveur des réfugiés. Auteur-compositrice et multi-instrumentaliste, Rokia Traoré chante en anglais, en français et en bambara. Dans son chant, on perçoit aussi bien la joie de vivre africaine que la détresse de son Mali.

Sur la même scène, le bassiste jazzman Marcus Miller marquera son retour au Maroc, après avoir fait plusieurs autres festivals et signé un album portant des sonorités de guembri. L’artiste présentera son album Afrodeezia sorti l’année dernière, en plus de quelques nouveaux tracks.
Marquez sur un post-it fluorescent qu’il ne faut pas rater le pianiste cubain Omar Sosa qui performera avec ses «friends» un excellent hommage au maâlem Mahmoud Guinéa avec qui il avait joué sur la scène du Festival d’Essaouira. Pour ce faire, il sera accompagné par le jeune prodige Mehdi Nassouli, l’artiste Foulane Bouhsine et le sublime Majid Bekkass.

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Le Nigérien Bombino est connu partout dans le monde. Son chant rock touareg galvanise le public et séduit les médias spécialisés comme Rolling Stone ou le Songlines magazine. Son dernier album Nomad a été rapidement classé n°1 sur le Billboard World Music.
Keziah Jones sera également de la fête dans son Afrobeat Experience en hommage au saxophoniste Fela Kuti. Le bluesman sera sur scène avec un ensemble d’artistes d’horizons divers pour célébrer le père de l’afrobeat nigérian.
Il y aura également du chaâbi sur la scène du Bouregreg avec les incorrigibles de l’Orchestre national de Barbès. Fuel Fandango instilleront du flamenco avec un peu de pop, de funky beats, d’électro, de rock et de techno.

Du spirituel au Chellah

Et non. Fès n’a pas le monopole du spirituel. Car la scène du Chellah sera cette fois le théâtre de chants mystiques et d’incantations mystiques. Et c’est Alireza Ghorbani qui inaugurera la scène avec ses adaptations de la poésie de Rumi, sur des mélodies aériennes contemporaines. Un moment de douceur et de contemplation bercé par la voix divine de l’artiste iranien.
D’Egypte, ce sont des artistes populaires qui viendront chanter leur mysticisme sur les rythmes de l’envoûtante Rababa, de la mélancolique Kawala et l’énergétique Dof.

Vous ne regretterez pas un instant les complaintes yiddish de la sublime Noëmie Waysfeld, chantant des fados nostalgiques. Ni la pizzica de l’Italien Antonio Castrignanò qui vous transportera aux Pouilles, au sud-est de l’Italie.

Kakushin Nishihara est une Japonaise explosive. Car sa musique est intense, violente, pleine de bruit et de fureur. Elle chantera des histoires de fantômes épouvantables et de guerriers sanguinaires. Elle vous dira tout sur le Japon féodal, épique et animiste.

La clôture se fera avec Houria Aïchi qui en Algérie célèbre de sa voix les chanteuses mythiques et les chants mystiques déclamés sur des airs typiques de l’Est algérien.