La bibliographie de Léon l’Africain revisitée

La BMCI continue à parrainer les beaux livres. Cette année, son choix s’est porté sur Fez dans la Cosmographie d’Al-Hassan ben Mohammed al-Wazzâne az-Zayyâti, dit Léon l’Africain, de Hamid Triki et d’Amina Aouchar
L’ouvrage, construit en trois volets, propose une relecture de la vie tumultueuse du grand voyageur rendu encore plus célèbre par le récit romanesque d’Amine Maâlouf. Les deux premiers volets L’oiseau amphibie et l’homme des deux rives retracent sa vie. En revanche, le troisième volet reprend les textes que celui-ci consacra à la description de Fès, sa ville d’adoption.
La richesse de l’ouvrage réside dans la position du personnage en tant que trait d’union entre une civilisation arabo-islamique en décadence et «l’épanouissement de la merveilleuse Renaissance», soulignera l’historien Hamid Triki.
L’ouvrage évoquera sa conversion au christianisme et son éblouissement par la culture italienne. En revanche, il ne réussira pas à lever le mystère de la perte de ses traces à partir de 1527, date à laquelle il se trouvait à Rome lorsque les troupes de Charles-Quint assiégèrent le Pape et dévastèrent la ville, même si le sentiment de l’historienne Amina Aouchar est qu’il aurait péri dans ces moments difficiles.
Les textes originaux de la description de Fès sont extraits du manuscrit de Léon l’Africain, traduits par Alexis Epaulard et publiés en 1956 par Adrien -Maisonneuve. Cette description est un volet d’un ouvrage plus général sur l’Afrique, intitulée Cosmographia dont le manuscrit original n’a jamais encore été édité, mais qui a été repris et édité par Ramusio.
Par ailleurs, les deux premiers chapitres sont illustrés par des documents souvent inédits, anciennes cartes, gravures, manuscrits… qui ont l’avantage au même titre que le texte de plonger le lecteur dans l’atmosphère d’antan. Le troisième chapitre est, quant à lui, illustré par de belles photographies contemporaines de Fès. L’ouvrage a été imprimé à 2000 exemplaires et sera commercialisé à 1200 DH.