Grand maître caustique

« Grand maître », Jim Harrison, Flammarion, septembre 2012. 342 pages, 270 dirhams.

«Sunderson regarda le feu mourir. Il frissonna et eut hâte de goûter à la soupe que Mona avait prévu de préparer avec des travers de porc et du cou de gibier, de l’orge et le légume préféré de l’ancien inspecteur, le rutabaga. Sunderson ne comprenait pas que, s’il avait été un bon enquêteur, c’était parce qu’il passait aussi inaperçu qu’une racine comestible. Contrairement aux héros romantiques, aux écrivains, aux peintres et aux athlètes célèbres, il ne se mettait jamais à l’écart des autres êtres humains. Il avait le regard chaleureux et il s’exprimait lentement avec l’accent râpeux de sa région. “Hé, si on allait boire une mousse ?” Désarmés, les gens lui confiaient tout. Il avait toujours associé son boulot à une conscience absolue de son environnement».

En quelques mots :

Sur le point de prendre sa retraite au terme d’une longue carrière dans la police du Michigan, l’inspecteur Sunderson enquête sur une secte hédoniste qui a pris ses quartiers à quelques kilomètres de chez lui. Simple hurluberlu inoffensif au premier abord, le gourou se fait appeler Grand Maître. Au fil de leurs recherches, Sunderson et son improbable acolyte de seize ans, Mona, découvrent un personnage bien plus sinistre qu’il n’y paraît. Lui-même poursuivi par ses propres démons, imbibé d’alcool et obsédé par les femmes, Sunderson traque sa proie des bois du Michigan jusqu’à une petite ville d’Arizona qui fourmille de criminels transfrontaliers, avant d’atterrir dans le Nebraska, où les adeptes du Grand Maître espèrent s’établir pour de bon. Un chef-d’œuvre tragicomique, étincelant d’humour et de désespoir.

L’auteur :

Jim Harrison, né James Harrison, est un écrivain américain. Il a publié de nombreux poèmes, mais aussi des romans qu’il a parfois adaptés pour le cinéma. Sa rencontre avec Jack Nicholson va lui permettre de vivre et de se consacrer à l’écriture. Il est l’auteur de romans des grands espaces du Nord Américain. Il est un grand amateur de la France et de sa cuisine. «Le dernier dur-à-cuir d’une littérature américaine qui semble parfois s’assagir pour ne pas dire s’amollir», écrit Bruno Corty dans le quotidien Le Figaro.

Ce qu’en pense La Vie éco :

Vous croyez entamer un bon roman policier et vous vous surprenez à voguer, toutes voiles dehors, dans un océan d’humour acide, d’introspection burlesque ! Cette cavalcade déchaînée dans l’Arizona, le Nebraska et l’esprit étincelant de Jim Harrison, vous fera oublier l’hiver. Une brise décalée et irrésistible, à lire pour se rafraîchir la tête.

«Grand maître», Jim Harrison, Flammarion, septembre 2012. 342 pages, 270 dirhams.