Glandeur, bras cassé, ou’bikhir !

Une histoire tragicomique, touchante et abracadabrante, le portrait croisé d’une bande de déglingués de la vie qui vous amusera tout en vous faisant réfléchir au triste sort de beaucoup d’êtres humains, précarisés, paumés dans le monde souvent cruel d’aujourd’hui.

Extrait :

«Ça arrivait une fois par semaine. La chaîne Accu-mart ne jouissait pas d’une bonne image. Chaque fois qu’elle ouvrait un magasin, il y avait des protestations. Elle exploitait les travailleurs du tiers-monde, construisait d’énormes parkings dont le ruissellement polluait l’eau. Elle sous-payait ses employés. Mitch savait que cette dernière affirmation était vraie. Mais les gens avaient besoin de camelote bon marché, et les magasins étaient toujours bondés. Si la population voulait vraiment chasser Accu-mart, elle pouvait cesser de s’y fournir, et cette règle s’appliquait aussi à l’enquiquineuse hippie porteuse de bougie qui essayait de le provoquer».

En quelques mots :

Dans l’Amérique de la grande dépression, trois trentenaires désœuvrés, esseulés et sans le sou voguent de petits boulots en gentilles arnaques, de situations loufoques en quiproquos absurdes, d’espoirs intenses en amères désillusions. Sur fond de crise économique, de chômage de masse et de morosité ambiante, Kevin sort de prison pour avoir fait pousser du cannabis sur son balcon et devient promeneur pour chiens, Mitch fait semblant d’animer le rayon accessoires automobiles d’un grand magasin tandis que Doug fait occasionnellement griller des steaks dans un fast food miteux. Jusqu’au jour où ils décident qu’il est temps pour eux de goûter à «l’American Dream» et décident de trouver le coup rapide et facile qui les fera devenir millionnaires. L’idée de voler une Ferrari pour la revendre germe dans leurs esprits paumés, et ce sera le début d’une série de rebondissements improbables, délires métaphysiques et situations cocasses où les trois éternels gamins se retrouveront confrontés à la rudesse et l’irrationalité de la vie. Frais, déjanté et mélancolique à la fois, c’est avant tout un roman politique sur la précarité, la difficulté de joindre les deux bouts et de mener de front plusieurs emplois à la fois. Paru en 2009, cette critique sociale tragi-comique trouve une étrange résonance dans l’actualité mondiale d’aujourd’hui.

L’auteur :

Iain Levison est un écrivain américain d’origine écossaise qui vit à Philadelphie. Son premier livre, Tribulations d’un Précaire (Liana Levi, 2007), est un récit autobiographique sur les 42 petits boulots qu’il a exercés à la fin de sa licence de lettres. Il publiera depuis Arrêtez-moi là (Liana Levi, 2011), récit inspiré d’un fait réel.

Ce qu’en pense  «La Vie éco» :

Une histoire tragicomique, touchante et abracadabrante, le portrait croisé d’une bande de déglingués de la vie qui vous amusera tout en vous faisant réfléchir au triste sort de beaucoup d’êtres humains, précarisés, paumés dans le monde souvent cruel d’aujourd’hui.  

«Trois hommes, deux chiens et une langouste», Iain Levison,  Edition Liana Levi, 2009,  272 pages, 140 DH.