Génération Mawazine : que deviennent les gagnants ?

Et c’est reparti pour un tour ! Artistes en devenir, vos maquettes sont les bienvenues chez Génération Mawazine, la compétition qui pourrait bien changer votre vie. L’occasion de revenir sur l’expérience des gagnants des éditions précédentes.

L’artiste lambda, vous savez ? Ce gars aux cheveux en pétard avec un style vestimentaire, un poil bariolé de belles et vives couleurs, son étui de guitare nonchalamment posé sur l’épaule comme un cartable de collégien. Ce cliché absolu de l’artiste marocain, une sorte de légende urbaine vieille comme nos préjugés. La définition même de son être sous-entend mille et une contraintes à affronter (Comment se faire connaître ? Où enregistrer ? Où trouver un producteur ?). Néanmoins, cette créature ne manquant pas d’audace, il se lance un peu n’importe comment au nom de sa passion. Mais le voilà depuis quelques années surveillé, guetté, épié, par les hommes d’ombres de Génération Mawazine. «L’objectif est de quitter l’amateurisme pour atteindre une qualité universelle en développant une pédagogie d’écoute», annonce Aziz Seghrouchni, président délégué de Maroc Cultures. Ahmed Aydoun, président du jury de cette édition, s’enthousiasme : «Il faut gager la musique, l’innovation, l’audace et le volontarisme des artistes». A la fois grands frères, mécènes, managers, et fans des candidats, l’équipe du concours, du jury aux techniciens, offre l’occasion aux groupes marocains de mettre sur pied leur projet artistique. Si chaque année on parle des gains du concours en essayant de négocier pour en avoir toujours plus (avides que nous sommes !), il serait temps de voir ce que valent ces promesses ! Et qui mieux que les gagnants des éditions précédentes pour nous le dire ?

Des avis globalement positifs

La question est toute simple : «Ça a changé quoi pour vous, Génération Mawazine ?». Et les gagnants des éditions précédentes se lancent avec verve : «On a eu la chance inouïe d’avoir à notre disposition du super matériel pour enregistrer», confie un membre de Funk Atlas. «Enregistrer dans des normes internationales, et surtout travailler avec un producteur international !», surenchérit Babel. Les membres de Rwapa Crew ne manquant pas de réalisme soulignent que le soutien financier de Maroc Cultures a tout changé dans leur carrière et a rendu possible ce qui ne l’était pas. AZ Flow déclare : «Grâce à cette expérience, on a fait de très grandes scènes, on a eu un soutien médiatique qui nous a permis de nous faire connaître du public». Heureux gagnant de la dernière édition, Mélimane confie que cette aventure les a révélés à eux-mêmes. A travers elle, ils ont pu se connaître et être soudés en tant que groupe et évidemment sortir un premier album ! D’ailleurs, nous sommes ravis d’apprendre que tous ces groupes nous offriront leur premier opus au courant de cette année. Affaire à suivre ! L’appel à candidature est donc lancé, filez déposer vos maquettes, jeunes génies talentueux et audacieux ! Mais attention, le président du jury vous prévient : «Cela ne sert à rien de gagner un prix, quel qu’il soit si l’artiste n’a pas un projet en tête. Génération Mawazine offre un rayonnement médiatique et un encadrement professionnel. Aux gagnants de savoir en profiter !».