Gad El Maleh, ou la face bidaouia de l’humoriste

Carton plein pour «Bidaoui», qui s’est joué à  guichets fermés du 14 au 16 septembre à  Casablanca. Gad El Maleh y a taquiné l’humour politique.

A l’annonce du retour de Gad El Maleh sur ses terres d’origine, certains se sont rués sur la billetterie et d’autres ont hésité. Ces derniers s’en mordent peut-être les doigts. Quatre ans après la première représentation de son 4e et dernier spectacle Papa est en haut, Gad El Maleh est venu achever sa tournée à Casablanca à l’occasion de trois soirées, du 14 au 16 septembre. C’est au Complexe sportif Al Amal, sous les étoiles, que l’enfant prodige s’est produit à guichets fermés. Loin d’être une pâle copie de Papa est en haut, que chacun connaît déjà par cœur grâce à Derb Ghallef, Gad El Maleh a réussi le pari d’apporter une touche marocaine à son spectacle rebaptisé pour l’occasion «Bidaoui». Dans la capitale économique du Maroc, la ville qui l’a vu grandir et dont il garde de précieux souvenirs, Gad a dévoilé une autre facette de son talent : tous les petits travers du Maroc d’aujourd’hui sont passés à la casserole. Nul doute que l’humoriste est venu s’immerger dans son pays pour préparer son spectacle. Du sketch des boules de la corniche casablancaise, que Mohamed Sajid, présent le deuxième soir, aura sûrement apprécié, à celui du tramway de Rabat, que les Casablancais sont loin d’envier aux Rbatis, en passant par l’épique autoroute de Casablanca-Rabat, Gad s’est délicieusement risqué au jeu de l’humour politisé. Sans oublier les éternels clichés sur les Marrakchis, toujours placés au fond de la salle, les Fassis, habitués au premier rang, et les Rbatis qui se déplacent à Casablanca pour s’amuser.

L’humoriste, dont on avait déjà découvert les talents de danseur, de musicien et de chanteur dans ses précédents spectacles, a livré sa palette complète pendant près de 2 heures devant un public riant jusqu’aux oreilles. Les surprises n’ont également pas manqué comme ce deuxième soir où Hassan El Fad est venu sur scène rejoindre l’incroyable interprète de Chouchou : deux humoristes marocains, deux voix, un même plaisir. Mention spéciale pour la première partie choisie par Gad pour chauffer le public le 15 septembre : Miz. Un artiste accompli qui s’est déjà produit à plusieurs reprises au Megarama de Casablanca. Gad nous aura fait plaisir et se sera fait plaisir. Bref, Gad le Bidaoui nous a conquis. On en redemande. Mais on n’attendra plus quatre ans.