Flà¢neries d’art : le tour des galeries casablancaises

L’art revêt, ce mois-ci, toutes les formes et toutes les couleurs : du street art aux toiles des maîtres du XIXe siècle, en passant par les créations contemporaines au néon ou avec des matériaux de récup’… Voici notre sélection des expositions à  ne pas rater.

Vous croiserez une faune singulière à Casablanca, ce mois-ci.

Des virtuoses du Street art à Casablanca

Une faune aux mains habiles et aux noms bigarrés : Tats Cru, Bates, Kouka, El Decertor, Mizer nous viennent de New York, Copenhague, Paris, Bruxelles, Lima. Armés de bombes de peinture, ces artistes sont là pour donner du caractère aux murs lépreux de la médina d’Azemmour (qui abrite du 17 au 19 mai Remp’Arts, le festival des arts urbains) et pour embraser les surfaces immaculées de la galerie casablancaise Yakin & Boaz. «Une grande fête de la couleur» s’y prépare ! Vous y baignerez dans l’univers chatoyant, longtemps clandestin et mal-aimé des fresques urbaines, des friches décrépites, des façades lézardées, des camions disloqués… Enfin, jusqu’à ce que des «crews» d’artistes graffeurs s’en emparent pour les repeindre de fond en comble et leur redonner vie. Un art à part entière et un monde fascinant à découvrir, et ce, jusqu’au 12 juin.   

* Galerie Yakin & Boaz : 11 rue Abou  Kacem Al Kotbari, Casablanca.

Un vétéran à l’Atelier 21

Des vieillards assis en grappes, le dos voûté, de jeunes enfants piaillant et se chamaillant sur le chemin de l’école, des attroupements autour de bagarres, d’accidents, des paysages désertiques ou verdoyants… La figuration s’invite à l’Atelier 21 à travers l’œuvre du Tétouanais Meki Megara (1933-2009), celui qui répartissait «savamment la matière aux endroits sensibles afin de ne pas oublier la moindre ride, le moindre pli de la bouche, du bras, du vêtement, de la jambe pliée, en s’asseyant, du dos tourné, alternant avec le torse de face, pour boucler la spirale d’un mouvement continu», écrit la critique d’art Tzvetomira Tocheva. Un bel hommage à l’un des précurseurs de la peinture moderne au Maroc à visiter jusqu’au 4 juin.  

* L’Atelier 21 : 21, rue Abou Mahassine  Arrouyani (ex-rue Boissy-d’Anglas), Casablanca.

«Elle et lui» à la Galerie Venise Cadre

Dans un registre plus contemporain, Venise Cadre nous propose l’intrigante vision du monde de la Franco-algérienne Zoulikha Bouabdellah. Un ensemble de photos, de vidéos, d’installations en bois et d’inscriptions au néon, un mélange de «transgression, d’humour et de subversion», vante le galeriste casablancais. Féministes, les récents travaux de la jeune artiste questionnent les actes et postures d’«icônes modernes» comme la blogueuse égyptienne Aliaa El Mahdy, l’auteure de la fameuse photo dénudée. «Le cliché fait ici l’objet d’une retranscription originale, explique Venise Cadre. Ce corps offre la vision troublante d’une icône subvertie, un regard et des proportions déformées qui incarnent la complexité d’une femme symbole de la révolution égyptienne». Platement baptisée «Elle et lui», cette curieuse exposition dure jusqu’au 4 juin.

*Galerie Venise Cadre : 25, boulevard Moulay Rachid, Quartier Anfa,  Casablanca.

Art, bustes et butanes

Azzedine Baddou «pétrit» des bombonnes de gaz vides, récupérées dans des fonderies, des foires aux ferrailles, les bariole de folles couleurs, y visse des têtes de mannequins revisitées, les affuble de ressorts, de morceaux de verres, de seringues, de pèle-agrumes, de râpes à pommes de terre… Un carnaval de créativité, d’humour et de personnages burlesques qui s’offre à vous à la Villa des arts de Casablanca. «Un regard sur le monde à la fois fureteur et espiègle mais constamment bienveillant et généreux», assure le communiqué de cette exposition baptisée «Compression Art Récup’». L’architecte sculpteur y montre un bout de son «royaume de la métamorphose», de sa «maison-atelier-caverne-labyrinthe-grotte-sanctuaire», faite de «tourbillons, de danses irrésistibles, d’une fantasmagorie de formes, de couleurs, de matières, de rêves comme de cauchemars, de magie et de rituels, de chaos et d’ordre, de signes et de traces», s’enflamme Henry-Claude Cousseau, membre du comité d’acquisition du musée du Louvre. Bref, de l’art et de la récup’, à admirer du 17 mai au 30 juillet.

* Villa des arts : 30, boulevard Brahim Roudani, Casablanca.  

Toiles et précieuses breloques

Les passionnés de joaillerie doivent absolument aller voir cette exposition-vente aux enchères organisée par Eldon & Choukri Auctioneers. On vous promet en effet «un éblouissement des sens» : parures, pendants d’oreilles, boutons de manchettes, broches, bracelets et bagues sertis de pierres précieuses, mais aussi argenterie, cristallerie et mobilier du XIXe-XXe siècles, tout cela est à contempler du 21 au 24 mai, avant la vente aux enchères prévue pour le 25. «Les collectionneurs particuliers et institutionnels (musées) de peinture ne seront pas en reste, prévient Eldon & Choukri. Ils découvriront une sélection d’œuvres issue de prestigieuses collections telle La grande porte Bab Chellah à Rabat de Ben Ali R’Bati provenant de l’ancienne collection de Barbara Hutton à Tanger. A noter également la belle collection représentative de l’œuvre de l’artiste Ughetta Salpini (1937-2008) qui apparaît pour la première fois sur le marché».

* Maison de vente aux enchères d’œuvres d’art Eldon & Choukri : 100, avenue Moulay Rachid, Anfa, Casablanca.