FIFM : demandez le programme !

Marrakech est la destination du 7e art cette semaine, avec quelque 98 films, projetés dans différents espaces de la ville. Voici un aperçu de ce que l’on peut voir tout au long de la 18e édition du Festival international du film de Marrakech.

Cinéphiles de tous bords : approchez-vous. La 18e édition du Festival international du film de Marrakech promet des voyages vers des univers lointains, avec des escales multiples dans les plus belles galaxies du septième art. Quelque 98 films, provenant de 34 pays, sont annoncés dans les différentes sections du festival. En plus de la compétition officielle, qui verra concourir quatorze films pour gagner l’Etoile d’or, le cinéma australien sera hommagé et donnera à voir pas moins de 25 films entre films d’auteurs, grands classiques et succès populaires.

La compétition officielle

Les «Séances de gala», les «Séances spéciales», «Le 11e Continent», le «Panorama du cinéma marocain» et les «Projections Jemaa El Fna», offriront un large éventail de créations, avec la qualité en maître mot, sans oublier la section «Jeune Public», le «Cinéma en audiodescription» et la section «Hommages».
Après de nombreuses nominations à la Mostra de Venise, «Babytheet», premier long métrage de l’Australienne Shannon Murphy, entre en compétition avec assurance. «Bombay Rose» est un film d’animation de la réalisatrice indienne Gitanjali Rao. Cette histoire d’amour née dans les rues de Bombay a été présentée en première mondiale à la Semaine de la critique internationale au Festival du film de Venise 2019. Du Brésil, du cœur même d’Amazonie, Regis Myrupu, acteur et chamane, se joint à Maya Da-Rin pour signer «Fever», un film sur la solitude. «Last visit» est un film d’Abdulmohsen Aldhabaan, une histoire de conflit des générations qui vient d’Arabie Saoudite. Du Royaume-Uni, rencontrez «Lynn+Lucy» de Fyzal Boulifa, acclamée par la presse anglaise cette année.

Du côté de l’Europe de l’Est, «Mamonga» vient de Serbie. Signé par le réalisateur Stefan Maleševi, «Mamonga» est un triptyque complexe et ambitieux. «Mickey and the bear», de l’Américaine Annabelle Attanasio, est un drame familial basé sur la réalité sociale de l’addiction chez les vétérans. Le Chinois Zhai Yixiang présente, quant à lui, «Mosaic portrait», un drame autour de la découverte d’une grossesse chez une adolescente d’un village reclus.
Le Sénégal est présent également avec «Nafi’s Father», un film de Baamum Nafi. Acclamé par la critique, le film raconte le conflit entre deux frères au sujet du mariage de leurs enfants. «Scattered Night» nous vient de la Corée du Sud. Lee Jih-young et Kim Sol y dépeignent l’éclatement de la famille vu par les enfants. L’Italien Carlo Sironi présente «Sole», une histoire de grossesse non désirée et d’adoption. «Valley of souls» est le film du Colombien Nicolás Rincón Gille, au sujet du deuil, du voyage et de la paix en temps de guerre civile.

Le Maghreb est doublement représenté cette année avec «Tlamess» du Tunisien Ala Eddine Slim et «Le miracle du saint inconnu» du Marocain Alaa Eddine Aljem. Si Tlamess explore l’univers mythologique régional sous un angle onirique, Sid Al Majhoul suit le périple d’un voleur qui découvre, à sa sortie de prison, que l’on a construit un sanctuaire à l’emplacement où il a enterré son butin.

Le Gala et les spéciales

Belle symbolique que celle d’un film marocain dans le Gala du FIFM. Avec un retentissement international, «Adam», de Maryam Touzani, va côtoyer des films comme «The Irishman» du géant Martin Scorsese, avec rien moins que Robert De Niro et Al Pacino dans le casting. Le FIFM nous offre aussi la chance de découvrir «It Must Be Heaven» du Palestinien Elia Suleiman. Daniel Craig et Chris Evans sont au casting de «A couteaux tirés» de Rian Johnson. La Gala comprendra également «Marriage Story» de Noah Baumbach, «Ras El Sana» de l’Egyptien Sakr, «Noura Tahlam» de la Tunisienne Hinde Boujemaa.
Les séances spéciales nous feront survoler le monde avec des créations provenant de plusieurs pays: «Jidar Al Sawt» du Liban, «If Only» d’Italie, «Moffie» d’Afrique du Sud, «No 7 Cherry Lane» de Chine, «Notre Dame du Nil» du Rwanda, «Bik N’ich» de Tunisie, «Terminal sud» de France, «State Funeral» de Lituanie, «Al Hadith’an Al Ashjar» du Soudan et «Workforce» du Mexique.

Le 11e continent et le panorama

Dans le onzième continent, il est question de découvrir des œuvres cinématographiques ambitieuses et innovantes. Cette année ce sera le cas de découvrir le documentaire «143, rue du désert» de Hassen Ferhani, «Abou Leila» de Amin Sidi-Boumédiène, «Atlantiques» de Mati Diop, «Le loup d’or de Balolé» de Chloé Aïcha Boro, «Le répertoire des villages disparus» de Denis Côté, «Ghost Tropic» de Bas Devos, «Mother, I am suffocating This is my last film about you» de Lemohang Jeremiah Mosese, «Ridge» de John Skoog, «Silent Day» de Pavol Pekarčík et «Technoboss» de João Nicolau.
Dans le Panorama du cinéma marocain, sont conviés des programmateurs de plusieurs festivals du monde. L’année dernière, le FIFM a noté la forte demande des festivals internationaux, suite à la programmation de la section. Aussi, plusieurs créations de qualité sont programmées cette année, à commencer par le film retrouvé du sénior Mostafa Derkaoui, «De quelques événements sans signification». Le réalisateur Kamal Hachkar dévoilera enfin «Dans tes yeux, je vois mon pays», deuxième volet du documentaire «Tinguir Jérusalem». «Une place au soleil» est signé Karim Aïtouna, tandis que Mohamed Nadif va présenter «Nisaa’ Al-Janaah Jim».

Des films à Jamaa El fna, d’autres pour les jeunes publics, pour le public malvoyant et filmographie des hommagés sont également au programme tout au long du festival. Le programme est détaillé sur le site http://www.festivalmarrakech.info.