Festival international du film de Marrakech au bonheur du cinéphile

Du 2 au 10 décembre, Marrakech accueille le Festival international du film. La seizième édition s’annonce prometteuse vu la qualité de sa compétition, de ses coups de cœur, ses masterclasses et ses hommages.

Marrakech est de nouveau sous les projecteurs. Après une COP22 réussie, c’est le Festival international du film qui s’invite à la ville ocre pour une seizième édition tout en strass et paillette. De grands noms du cinéma international sont attendus du 2 au 10 décembre, au grand bonheur des cinéphiles. On y rencontrera Isabelle Adjani, qui a accepté l’hommage du festival, ainsi que Paul Haggis, immense scénariste, sans oublier le grand cinéaste Bela Tarr, qui préside le jury 2016.

Fidèle à sa vocation, le FIFM continue à se positionner comme défricheur de talents avec une compétition officielle comprenant sept premiers et deuxièmes films sur les quatorze en compétition. 28 nationalités seront représentées lors de ce rendez-vous cinématographique, répondant également au désir du FIFM d’ouvrir le Maroc aux cultures du monde, du Chili à la Thaïlande et de la Scandinavie à l’Afrique du Sud.

Des films et des prix

C’est une compétition bien costaude que nous offre le FIFM cette année. Les films en compétition ont été présentés, nominés et parfois récompensés par de grands festivals internationaux.

All of a sudden, d’Asli Ozge (Allemagne, France, Pays-Bas), a reçu deux awards, dont un au Festival de Berlin. Le Christ aveugle, de Christopher Murray (France, Chili), a également été primé. Les deux films chinois, The Donor, de Zang Qiwu et Knife in the clear water, de Wang Xuebo, ont tous les deux été récompensés au Busan Festival en Corée du Sud.

Prix du film américain de Deauville, The Fits, est signé Anna Rose Holmer. Kings of the Belgians est coréalisé par Peter Brosens et Jessica Woodworth (Belgique, Pays-Bas, Bulgarie). Il a été plusieurs fois nominé dans de prestigieux festivals. Le film le plus primé est «Hearstone», de Gudmundur Aranar Gudmundsson (Danemark et Islande) avec 8 awards, dont celui du Festival de Venise.

On y verra aussi le film franco-roumain The Fixer, de Adrian Sitaru, L’histoire d’une mère, de Sandrine Veysset (France), Mister Universo, de Tizza Covi et Rainer Frimmel (Autriche et Italie), Parting, de Navid Mahmoudi (Iran et Afghanistan), The Road to Mandalay, de Midi Z (Taïwan, France, Birmanie et Allemagne), Shepherds and Butchers, d’Olivier Schmitz (Afrique du Sud, Etats-Unis, Allemagne) et Zoology, d’Ivan I. Tverdovsky (Russie, France, Allemagne).

A noter la rareté de la production nationale. A part le long métrage de Nassim Abbassi programmé dans la sélection hors compétition, aucun film marocain ne figure dans la liste officielle. Mais le cinéma a ses raisons…

Des mots de maîtres

Parmi les moments forts du Festival international du film de Marrakech, ceux qui permettent à un public de professionnels du film, de journalistes ou de simples cinéphiles de découvrir l’expérience cinématographique d’un mastodonte du septième art, avec ses propres mots. C’est ainsi que se déroulent les masterclasses qui permettent non seulement aux jeunes aspirants cinéastes de renforcer leurs perspectives, en trouvant réponses à leur questionnement perpétuel, mais également aux cinéphiles de connaître l’univers créatif de leurs idoles.

Cette année, le FIFM fait fort en invitant des noms qui ont façonné le monde du cinéma américain, à savoir le scénariste Paul Haggis et le réalisateur Paul Verhoeven, et le cinéma russe, comme Pavel Lounguine.

Si vous êtes épris d’écriture scénaristique, Paul Haggis est l’homme qu’il faut rencontrer. En deux années successives, il écrit deux films oscarisés : Million Dollar Baby de Clint Eastwood en 2004, et Collision en 2005, qu’il a lui-même réalisé. Il a également écrit des films comme Quantum of Solace, Casino Royal, Flags of Our Fathers ou Last kiss. Sans oublier des séries télévisées à succès.

Au Néerlandais Paul Verhoeven on doit Robocop, Basic Instinct, Showgirls, Total Recall, Elle, etc… Pavel Lounguine, déjà primé à Cannes, incarne quant à lui la condescendance du cinéma russe. Il aime à décrire l’évolution de son pays, mettant en scène des satires sociales et politiques d’une société en gestation et en crise perpétuelle.