Festival du cinéma de Tétouan, une édition mi-figue mi-raisin

Le rideau est tombé sur le Festival du cinéma méditerranéen de Tétouan, qui s’est déroulé du 28 mars au 4 avril.
Une organisation sans faille, une programmation filmique mitigée.

Un budget  modeste (pas plus de 6 millions de dirhams), mais un festival d’une organisation remarquable. Ni tapis rouge déroulé pour des stars repues ni dépenses ostentatoires. Le Festival du cinéma  méditerranéen de Tétouan, l’un des plus anciens du Maroc (il a été créé en 1985), dans sa quinzième édition qui a eu lieu du 28 mars au 4 avril, n’a pas dérogé à son cachet habituel: l’amour du Septième art, et rien d’autre. C’est le côté cinéphile pur des personnes derrière cette manifestation, en l’occurrence les élèves des ciné-clubs avec à leur tête Ahmed Housni (tous groupés au sein de l’Association des amis du cinéma de Tétouan), qui donne à ce festival son charme. Le bilan n’a pas déçu : une centaine de films projetés, dont une douzaine de longs-métrages en compétition officielle; un vibrant hommage rendu au début au parrain du festival, l’Egyptien Youssef Chahine, décédé en 2008, et un autre au cinéaste marocain Hassan Skalli, disparu lui aussi l’année dernière, auquel a été consacrée une table ronde spéciale. A part cela, cette édition était plutôt monotone et ennuyeuse. La population de Tétouan était en tout cas en marge de la manifestation, et ignorait tout de son déroulement. On est loin de ces festivals qui font sortir les villes de leur léthargie. La qualité des films projetés ? Des bons et des navets. L’association qui organise ce festival se doit de faire un effort en matière de programmation filmique, selon plusieurs cinéphiles. «C’est un festival qui a sa place, mais l’association doit faire appel à un réseau de programmateurs qualifiés pour choisir les meilleurs opus de la Méditerranée, et il y en a des superbes, sortis récemment», estime Hamadi Gueroum, critique de cinéma et directeur du festival du cinéma d’auteur de Rabat. Reste que Sonetaula, de Salvato Mereu, film italien qui a remporté le grand prix, n’a pas démérité cette distinction, selon l’avis de plusieurs observateurs. Le cinéaste marocain Jilali Ferhati, président du jury, y est pour beaucoup, estiment-ils. Rappelons que  Le temps des camarades du réalisateur Mohamed Chrif  Tribak, le seul long-métrage marocain dans la compétition officielle, a obtenu, lui, le grand prix du public.