Enquête au pays des chimères

Extrait : Mon vénéré père, cadi de son état et philosophe averti, disait«Il n’y a pas pire tyran qu’un videur de crachoirs devenu sultan». J’aurais dû l’écouter plus longtemps.

Le commissaire Llob n’est pas en odeur de sainteté auprès de ses supérieurs: le roman qu’il vient de finir et de publier n’a pas plu. On le pousse donc gentiment vers la sortie en lui signifiant qu’il suffirait de renier son œuvre pour revenir dans les bonnes grâces des autorités. Mais le commissaire est une tête dure, et préfère emprunter par lui-même le chemin de la retraite. Il profite alors d’un retour au bled, dans son village natal, baigné de lumière, de senteurs et de souvenirs, pour se ressourcer.

C’est alors qu’une nouvelle tragique vient secouer un monde déjà passablement éprouvé : son vieil ami, berger et philosophe, à force de prendre le soleil sous son olivier et de guetter son troupeau de brebis, a d’une manière ou d’une autre provoqué la fureur d’un groupe d’intégristes qui l’égorge sans façon et éveille ainsi la colère des villageois. La résistance s’organise, dans une Algérie tourmentée par ses dissidences internes et les tentacules du terrorisme, avec à sa tête le bon vieux commissaire qui n’a pas fini de prendre les armes. Un polar signé Yasmina Khadra, unanimement salué par la critique, qui ne s’éloigne jamais du thème cher à son cœur : l’Algérie mille fois meurtrie, mais toujours aussi fière.
L’auteur :
Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est né en 1955 dans le Sahara algérien. Après une carrière militaire, il adopte les deux prénoms de son épouse comme pseudonyme, publie de nombreux romans, nouvelles et contributions à la presse, et obtient plusieurs prix littéraires. Il est notamment l’auteur de la trilogie Les Hirondelles de Kaboul (2002, Julliard), L’Attentat (2005, Julliard) et Les Sirènes de Bagdad (2006, Julliard).

«L’Automne des Chimères», Yasmina Khadra, Editions Folio Policier, 224 pages, 110 DH.