Dix romans à  lire cet été

A l’intention de ceux pour qui trempette et bronzette ne sont pas incompatibles avec la «lisette», nous avons sélectionné dix fictions, récemment parues ou rééditées, à  déguster immodérément
à  l’ombre des parasols, pour mieux s’évader vers des lointains pas si imaginaires que ça.

Le temps de la vacance, si espéré, désiré, attendu, est du temps volé à la grisaille des jours, aux pesanteurs du quotidien, à la routine asphyxiante. Il est un bol d’air, dans lequel il convient de tremper ses lèvres goulûment. Lézarder au soleil, s’évader vers des climats inconnus ou simplement s’employer à ne rien faire sont, entre autres, des manières de meubler ce temps disponible. Les amants tourmentés de la littérature, eux, le mettent à profit pour renouer le dialogue avec leurs écrivains familiers ou en découvrir d’autres. En un mot, lire. Convaincus qu’ils sont des vertus des livres. Ils ne sont pas un refuge contre la vie, ils sont la vie même, mais métamorphosée. Ils ne nous détournent pas de la vie, ils nous la rendent éclairée. Car en eux s’exprime la volonté de maintenir une continuité profonde entre nous-mêmes et notre vie, à la fois matérielle et spirituelle.

Que lire ? Telle est la question. Pour Kafka, «un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous.» Elsa Morante demande au livre la grâce difficile de répondre à nos questions les plus désespérées et les plus confuses. Francis Bacon ne goûte que les «classiques», parce qu’ils savent infuser leurs saveurs en nous. Cyril Connoly fréquente exclusivement les chefs-d’œuvre. Pour autant, convient-il de mettre au rebut les mauvais livres ? Non, proteste Emile Faguet, qui juge qu’il n’est pas inutile de retremper son goût pour les hommes d’esprit dans le commerce des imbéciles. La haine d’un sot livre a son prix si elle ravive en nous l’amour et la soif de ceux qui sont bons. Et c’est amour-là est aussi inestimable que le temps de lire est précieux, dans la mesure où il est toujours, dit Daniel Pennac, du temps volé. Tout comme le temps d’écrire, le temps d’aimer, le temps de la vacance.

Dans le lot des romans gracieusement offerts à La Vie éco par Sochepress, figurent quelques mauvais livres. Malgré leur utilité exaltée par Faguet, nous en avons fait l’économie. Certains des écrivains sur lesquels nous avons jeté notre dévolu, bien que contemporains, sont déjà des «classiques». D’autres ne sont pas encore grands, mais seulement bons. Mais généreux, doux et indulgents. Ce qui est un gage de qualité. Nous avons éprouvé à l’égard de leurs œuvres un coup de cœur, que nous tenons à faire partager au lecteur. Car cette affaire de choix est une affaire de cœur. Et de raison. Tous les auteurs retenus nous guident par l’imagination, le rêve, la pensée sur la voix d’une expérience élargie. Pour s’en convaincre, il suffit de plonger, en retenant son souffle, dans cette mer dégelée qu’ils nous proposent.
Pour ceux qui ne veulent pas avoir de mauvaises surprises ni gaspiller de leur temps précieux de farniente à feuilleter un livre qu’ils finiront par jeter aux oubliettes à la dixième page, La Vie éco a préparé dix fiches de lecture pour les œuvres qu’elle a jugées digne d’intérêt. Bonne lecture et bonnes vacances !