Des citoyens ordinaires racontent la Chine de Mao

à€ ceux qui, comme nous, aiment voyager par les mots et l’imaginaire dans de lointains pays, ceci devrait vous ravir. Un recueil d’histoires qui vous fera découvrir les splendeurs et les misères de la Chine de Qiu Xiaolong.

Extrait :

«Pendant des années, Zhong Ayu a essayé de devenir une huile du parti, un cadre communiste de la Chine socialiste, selon sa définition. À la cité de la poussière rouge, il ne cachait pas ses ambitions. Assis sur un tabouret de bambou grinçant devant l’entrée, il se lançait régulièrement dans des tirades passionnées sur la façon dont les cadres du parti se démenaient dans les usines pour diriger les ouvriers. “Ça, c’est la vraie vie”, concluait-il en faisant claquer sa langue».

En quelques mots :

Les soirs d’été, dans la vieille cité de la Poussière Rouge, au sein de la Chine communiste de Mao Zedong, les habitants se regroupent pour échanger petites histoires et commérages, ainsi que des propos qui viennent nuancer les inscriptions fières et patriotiques du parti sur le panneau d’affichage à l’entrée de la ville. Les paroles qui s’élèvent de cette communauté paisible donnent naissance aux nouvelles contées dans ce récit où l’auteur, dans un élan nostalgique, nous raconte le quartier traditionnel où il est né et qui l’a vu grandir.
Depuis les jeunes amoureux que des idéologies différentes finissent par séparer, aux hilarantes mésaventures d’un fervent défenseur du parti avec la statut grandeur nature de Mao, en passant par les cruelles désillusions des «sœurs de province» venues tenter leur chance à Shanghai, ces récits poétiques et pittoresques dépeignent la Chine de 1949 à nos jours.
A raison d’un texte par an, qui s’ouvre sur le récapitulatif par le Parti des événements politiques les plus marquants de l’année, Qiu Xialong décrit les revers d’un pays malmené par un régime schizophrène d’un regard à la fois malicieux et sans illusion.

L’auteur :

Qiu Xiaolong est né à Shanghai en 1953. Son père est victime des gardes rouges en 1966 et lui-même est interdit d’école. Il réussit néanmoins à soutenir une thèse sur l’américain T.S. Eliot et part pour les Etats-Unis où il vit et enseigne désormais. Il publie notamment Mort d’une héroïne rouge, (2000), Visa pour Shanghai (2002), De Soie et de Sang (2007), et Cyber China (2012), tous chez Liana Levi et traduits dans une vingtaine de pays.

Ce qu’en pense  «La Vie éco» :

À ceux qui, comme nous, aiment voyager par les mots et l’imaginaire dans de lointains pays, ceci devrait vous ravir. Un recueil d’histoires qui vous fera découvrir les splendeurs et les misères de la Chine de Qiu Xiaolong.

«Des Nouvelles de la Poussière Rouge», Qiu Xiaolong, Edition Liana Levi, Mars 2013, 224 pages, 130 DH.