Colloque à  Tanger : Beat Generation is not dead

Dans le cadre de Marseille-Provence 2013 Capitale de la Culture, le Colloque à  Tanger se tient du 4 au 7 avril à  Tanger et à  Marseille. Immersion dans l’ambiance de la Beat Generation.

Il était une fois 1975. La culture Beat était à la fleur de l’âge. Jack Kerouac, Allen Ginsberg, William Burroughs ou encore Brion Gysin en sont hier comme aujourd’hui de grandes figures. Il était une fois le Tanger qui inspirait tous ces poètes maudits au point de leur donner l’envie d’y passer le restant de leur vie. Il était une fois le Colloque de Tanger à Genève qui a eu pour thème les recherches de William Burroughs et de Brion Gysin.

Ceci n’est pas du passé. Trente-huit ans après le Colloque de Tanger à l’initiative de Gérard-Georges Lemaire et de François Lagarde, les plus jeunes n’ayant pas vécu l’époque n’en rateront rien, au plaisir des séniors qui revivront une «belle époque». Organisé par le Centre international de poésie de Marseille (cipM), le Colloque à Tanger ambitionne de prolonger la légende de la Beat Generation en rendant hommage à l’œuvre de William Burroughs et de Brion Gysin.
Gérard-George Lemaire veut redonner donc une deuxième vie à un événement qui accueille des expositions, des concerts de musique, des conférences, loin des «formes académiques et sclérosées de ce genre de manifestations, qui se nomment précisément «colloques», bien peu à la mesure de la subversion du langage, et donc de notre économie et de notre politique, ici en jeu».

Si vous avez pris part hier à la première journée du Colloque, vous avez dû assister à la présentation de publications au sujet de la Beat Generation à la Librairie Les Insolites et Pages & Plumes, à une reprise de textes du Colloque de Tanger de 1975, entre autres, en plus de vernissages d’expositions à la librairie galerie Les Insolites, à la Salle Beckett et à la galerie Delacroix, avant l’inauguration officielle du Colloque en début de soirée.

Vous avez encore deux jours pour découvrir à la Salle Beckett une programmation de films documentaires, dont l’incontournable Ferlinghetti, le dernier des beatniks qui vous emmènera faire ou refaire connaissance avec Lawrence Ferlinghetti, le dernier poète de la Beat Generation à la plume toujours aussi rebelle. Débat, interventions, témoignages et études seront également à l’honneur, toujours à la Salle Beckett et à Dar Menebhi.

La librairie La Virgule reprendra pour sa part les présentations de publications pour la journée du samedi 6 avril, par une rencontre avec Boris Donné et une présentation de la collection Le Refuge en Méditerranée du cipM, avec Lola Créïs, Jean-Michel Espitallier et Philippe Pigeard. La musique est à l’honneur également. La soirée hommage à Brion Gysin vaut le détour au Palais Moulay Hafid, avec la présence de Patti Smith, de Lenny Kaye et de Tony Shanahan.
Dimanche 7 avril, la librairie Les Insolites et la Salle Beckett enchaînent avec une autre série de débats, de présentations de livres et de CD, en plus des projections de films (dont Robets Frank), avant la clôture à 19 heures.

Sur la route de la Beat Generation en découverte ou en redécouverte, Gérard-Georges Lemaire insiste toujours sur le fait que «Le Colloque À Tanger» n’a pas pour vocation de commémorer le «Colloque de Tanger». C’est une nouvelle histoire qui en découle, c’est évident, mais en renouvelle totalement les fondements et les effets, maintenant que Burroughs et Gysin ont disparu. «Je suis persuadé que ces rencontres, ces discussions et ces nombreuses expositions (…), de part et d’autre de la Méditerranée, pourront engendrer de nouvelles aventures, de nouvelles rencontres, de nouvelles créations».