Ciao Rialto

A Agadir, les cinéphiles pleurent leur dernier cinéma, fermé juste après le festival Cinéma et Immigration.

Catastrophé, Ahmed Chergaoui s’empresse de partager, ce jeudi 28 mars, l’objet de sa mauvaise humeur sur Facebook : «Fermeture inopinée du Rialto d’Agadir !», alerte ce jeune ingénieur et blogueur, qui s’agace franchement lorsqu’un de ses contacts suggère malicieusement aux Gadiris d’aller un peu plus souvent au cinéma au lieu de télécharger des films : «Ce lieu était utilisé par les festivals. Au delà des productions hollywoodiennes, on y projetait aussi des films indépendants et marocains», réplique-t-il sèchement à l’ami taquin. On est peu enclin à la plaisanterie quand la seule salle de cinéma de sa ville n’est plus qu’un bâtiment triste et désaffecté parmi d’autres. «Je regrette les virées cinéma qu’on faisait chaque samedi à l’époque du lycée. Tout le lycée se retrouvait là-bas», se souvient Ahmed, désenchanté.

«La qualité et l’état de la salle se sont dégradés, depuis le temps. Ces derniers mois, cela dit, la salle renaissait grâce à l’Institut français d’Agadir, qui y programmait ses projections chaque dimanche. C’était l’occasion pour les cinéphiles de découvrir des films hindous, iraniens, français, libanais qu’ils ne pouvaient voir nulle part ailleurs dans la ville». Ils vont désormais devoir se trouver d’autres occupations. «Ici, les gens se plaignent déjà du manque de lieux culturels. Eh bien maintenant, hormis le théâtre de verdure, il n’y aura plus rien», résume amèrement Ahmed Chergaoui, qui ne baisse pas les bras pour autant. Il vient de signer la pétition qui vient d’être lancée par Wafa Igueddi. La bibliothécaire de l’Institut français est au moins aussi dégoûtée que l’informaticien : «Nous militons pour la réouverture du Rialto (associations, artistes, enseignants, étudiants, tous ceux qui s’intéressent au cinéma). Je n’oublierai jamais comment la salle s’est remplie lors de la dernière projection de The Artist, dans le cadre de l’initiative Ciné Dimanche. C’était très émouvant».

Pour signer la pétition : www.petitionduweb.com