Casa défile

La 4e édition de FestiMode franchit un cap international en accueillant des créateurs espagnols.
La sortie en kiosque prochainement de l’Officiel de la Mode Casablanca, porté par les éditions parisiennes Jalou, confirme la créativité de la ville.

FestiMode s’en est allé. Nos souvenirs sont restés intacts. Un pigeon dans l’enceinte de l’ex-église du Sacré Cœur qui vient se poser d’un battement d’ailes aisé sur la paroi de l’édifice. A terre, un public international réuni autour d’un podium, sur lequel ont défilé les 7 et 9 mai des créations mode locales et internationales. «Joli, mais pas portable du tout» souffle une demoiselle à l’oreille de son amie. Sur fond de musique pop espagnole, des créatures tout sourire se pavanent avec des robes aux couleurs acidulées à géométrie lunaire, décorées de cœurs, fleurs, nœuds papillons… Agatha Ruiz de la Prada, à coup sûr ! L’icône de la mode espagnole maintes fois primée chez elle, en Italie, à New York, ici, à Casablanca. Une première, tout comme l’ouverture cette année du festival à d’autres figures internationales de la mode. Alvarada, Locking, Duyos. Des noms guère évocateurs dans l’esprit des Marocains avant leur apparition à FestiMode la semaine dernière. La parenthèse espagnole a laissé place le deuxième soir au cru local. Le défilé Emergences, ou l’occasion de présenter les collections de jeunes talents en devenir, en a scotché  plus d’un. Les créations sobres de Widad Anoua, faites de plis et de découpes structurantes, tout comme les belles coupes géométriques d’Amal Benayad truffées de  détails, pour ne citer qu’elles, n’avaient rien à envier à celles de leurs aînés.

Créativité et avant-garde
Des aînés qui ne sont plus à présenter et qui sont venus clôturer le ballet final de la manifestation. Karim Tassi a joué la carte de la monochromie. Façon dos nu, manches chauve-souris, asymétrique, d’inspiration paréo, ses robes violettes étaient rehaussées par les imposants bijoux-objets d’Amina Agueznay. Sur un air mélodique religieux et entêtant, ponctué de sons de clochettes, Saïd Mahrouf a fait pousser des «oh» et des «waouh» aux spectatrices enchantées par des tenues souples et fluides à la tombée parfaite. Le show final a dévoilé les créations artisanales futuristes de Noureddine Amir. Un coup d’envoi donné par une robe hérisson en relief recouverte de piquants. Un coup d’audace du créateur avant-gardiste largement salué par le public.
La mode marocaine n’est plus synonyme du caftan légendaire, elle s’ouvre et s’internationalise. Une ouverture rendue possible grâce aux efforts de Jamal Abdennassar et de Bechar El Mahfoudi, les deux fondateurs de l’événement. Une preuve de plus : le magazine parisien du luxe et de la mode l’Officiel de la Mode s’est associé au groupe de presse Géomédia qui s’apprête à lancer d’ici à quelques semaines l’Officiel de la Mode…Casa. La styliste recrutée pour le nouveau support n’est autre que Widad Anoua.