Caftan 2015 : quand la musique guide l’aiguille

La 19e édition de l’événement Caftan a eu lieu samedi 11 avril au Palmeraie Golf Palace. Volupté et nouveauté ont été au rendez-vous.

Il était nombreux et bien curieux le public de Caftan 2015. Bien que la soirée fût longue, peu de gens ont pu détacher leurs yeux du podium. Et pour cause, aussi bien le défilé que les différents shows avaient de quoi retenir les spectateurs. Dans le Palmeraie Golf Palace qui a accueilli l’événement, des hommes et des femmes s’offraient, à plaisir égal, un moment de rêve et de féérie. Nul besoin d’être un inconditionnel de la tenue traditionnelle pour s’extasier des créations. En témoignent les commentaires d’hommes qui n’hésitaient pas à prendre des clichés de leurs caftans préférés !

Inspirations musicales

Le thème de la musique a été choisi pour cette 19e édition. Chacun à sa manière, les 17 stylistes participants à l’édition ont laissé vaguer leur inspiration sur le rythme de leur choix. La musique marocaine s’est imposée dès le début du défilé. Si Samira Mhaidi Knouzi s’est laissée guider par les sonorités du Souss, Amira Boussayri a répondu à l’appel de l’aïta. Et c’est dans les rythmes du Moyen-Atlas que Khadijah Hajjouji a puisé son inspiration. L’on dira autant de Siham El Habti et Meryem Belkhayat dont les modèles ont défilé sur des rythmes d’inspiration gnaouie ou gharnatie.

Deux créatrices ont dévoilé un goût prononcé pour les musiques celtiques. Amal Belcaid et Meryem Boussikouk ont travaillé sur les aigus de la cornemuse et de la flûte traversière.
Abdelhanine Raouh, quant à lui, a exprimé son amour pour le blues dans des caftans avec jupes ballonnées à l’américaine. De même que Radia Harmouchi dont les ceintures bouffantes rappellent des allures d’Amérique de la première moitié du siècle dernier.
Que ce soit pour Nabila Chihab, ex-volleyeuse convertie au stylisme en Italie, ou Meryem Bouafi qui a abandonné une carrière en droit, le caftan ne se marie qu’à la musique arabe qui a été une source d’inspiration essentielle pour leurs collections.
Auriez-vous imaginé que Michael Jakson puisse inspirer des croquis de caftan ? Meryem et Houda El Kissi ainsi que Salima El Boussouni ont dû avoir le mood bien festif en imaginant leurs étoffes flotter sur Thriller!
Et comme l’on ne peut échapper aux fantasmes de l’Andalousie,  Kacem Sahl et Nisrine Ezzaki Bekkali ont imaginé leurs gitanes drapées de caftan vivement colorés, chauds et aux détails chargés que seule une femme rebelle peut arborer.
Pour Nadia Boutaleb et Safae Ibrahimi, c’était plutôt jazzy. Sobriété et finesse étaient les maîtres mots.
Fait intéressant : on remarque tout de même un certain conservatisme chez la nouvelle vague des stylistes du caftan, en comparaison aux toutes premières éditions de l’événement qui pouvaient «choquer» de novation!

Show devant !

Il a eu bien raison, Caftan, de s’offrir cette entrée magistrale de Khansa Batma qui, habituée des podiums grâce à sa carrière de modèle, a magnifié l’ouverture, entourée des danseuses professionnelles. Pour clore l’événement, Khansa a repris de façon très rock le chef-d’œuvre Essinia du groupe Nass El Ghiwane dont elle est particulièrement proche.
Dans une brève apparition, Salma Rachida interprété Baîid Âanak d’Oum Kalthoum au grand plaisir des inconditionnels de l’Astre de l’Orient. Alors que le Libanais Ghazi Al Amir a choisi de chanter en darija.
Fnair ont également été de la fête. Qui l’eut cru? Le public, loin d’être des plus jeunes, s’extasiait du refrain de Lalla Menana. Les jeunes chanteurs n’ont pas cessé de souligner la fierté qu’ils ressentaient d’animer Caftan 2015.
Dans ses shows, Malika Zaidi, chorégraphe de renom et directrice artistique de Caftan pour la troisième fois, a tenté de faire un petit tour du monde et de la musique. On verra ses danseurs annoncer le thème musical par des spectacles créés pour l’occasion. Show celtique, flamenco, rock, danse orientale : les danseurs multinationaux s’en sont donné à cœur joie. Le public aussi…