Caftan 2014 : tout ce qui brille

Le 10 mai dernier au Palmeraie Golf Palace de Marrakech, les stylistes vedettes de Caftan ont opéré un retour aux fondamentaux. Ils ont fait, pour la plupart, primer l’authenticité sur l’audace.

L’année dernière, le public médusé de Caftan était comme happé par une folle bourrasque créative : les épaules satinées jaillissaient de bustiers, de corsets audacieusement échancrés, les longs et amples pans de velours ou de mousseline laissaient apparaître jupettes et shorts vertigineux… À tel point que l’on se demandait parfois si ces créations caméléoniennes, au demeurant très belles, pouvaient encore être qualifiées de caftans.

Une fièvre excentrique qui semble désormais retombée, passée de mode : les collections sont, cette année, plus sobres, nimbées d’un voile pudique, suranné d’authenticité. Magnifiquement coupées, des manches sages et bouffantes enveloppent les bras, et de lourdes étoffes engloutissent les jambes de ces jolies passantes, sans pour autant alourdir leurs silhouettes, plus souples et élancées que jamais.

Dans un riche décor de palais oriental, tout en coupoles, arcades et arabesques, ces dames défilent, altières, pailletées jusqu’au vertige, et rivalisent de grâce pour incarner la majesté perdue des empires : Macédoine antique, Chine impériale, Égypte pharaonique, Russie des Tsars sont réinventées par seize stylistes aux savoir-faire éblouissants et singuliers : élégance discrète et raffinée pour les uns, sophistication baroque pour les autres… Sur le Catwalk, tous les goûts sont permis.

Retour aux fondamentaux

Toutes les danses aussi: pour la deuxième année consécutive, Malika Zaïdi, la fondatrice de la société  de prestations scéniques International Spectacle, tient les manettes du show-défilé et déploie, en talentueuse directrice artistique, une grappe d’agiles chorégraphes autour de « tableaux artistiques » ponctuant les collections : bondissantes parades d’artificiers anglais pour incarner l’empire britannique, blanche ballerine entraînée par son cavalier énamouré dans une toundra enneigée de Russie, ombres rouges à têtes coniques et aux figures masquées flottant langoureusement au gré d’une musique traditionnelle chinoise…

Parlons à présent de «la sauce», d’après la savoureuse expression du chanteur Ahmed Soultan, car il faut bien une poignée de musiciens à se mettre sous la dent, entre les défilés : en guise d’hors-d’œuvre, Ghani Kabbaj a surgi au milieu de ses danseuses, gesticulant et visiblement hors d’haleine puisqu’il a choisi le playback pour nous débiter son poussif Malakti Rouhi ; fort heureusement, l’authentique et suave voix d’Ahmed Soultan, l’élu de MTV pour la région Afrique-Moyen Orient, a pris le relais, une heure plus tard, pour nous prodiguer son délicieux Achkide. Pour clôturer le spectacle, nous avons eu droit au Raï polyglotte du chanteur Belgo-marocain Cheb Abdelhafid Douzi.