BoulevarDoc : pour «regarder» la musique

En avril, on se découvre cinéphile ! Du 12 au 19 avril, le Boultek invite les Casablancais à  voir «un autre visage des artistes», à  travers des documentaires de très bonne facture dédiés à  leur vie et à  leur musique.

Prenez le bol d’air frais que vous offre gracieusement l’association EAC-L’Boulvart dès ce week-end. Cela s’appelle BoulevarDoc et c’est tout sauf une énième pâle copie de festival estampillée «World music». C’est Hicham Bajjou qui résume le mieux l’esprit de cette manifestation culturelle inédite sous nos cieux : «Quand le cinéma s’intéresse à la musique, on y découvre un autre visage des artistes, différent que sur une scène ou dans un plateau de télévision. Dans un film, ils jouent leurs propres personnages. Ils nous ouvrent la porte pour partager intimement émotion et réflexion sur ce monde», écrit le directeur artistique de l’événement dans un éloquent éditorial.

Une irrésistible programmation

Ceux qui se souviennent du magnifique El Gusto que nous avait projeté, il y a quelque temps, pendant la Semaine du film européen, voudront à coup sûr revivre l’émerveillement éprouvé face à la musique qui se fabrique sous leurs yeux, aux artistes qui se remémorent leur gloire d’antan, leurs amitiés, leurs anecdotes englouties par l’oubli, qui doutent puis se transfigurent, renaissent au contact d’un instrument qui a pris la poussière pendant des années.

Plus récemment, Sugar Man, le documentaire oscarisé en 2013, offrait les mêmes frémissements d’émotion, le même ravissement devant l’incroyable destin de l’Américain Rodriguez, artiste méconnu dans son pays, spolié des années durant de ses droits d’auteur, jusqu’à ce qu’un journaliste découvre son immense et fervent public, un public insoupçonnable, à l’autre bout du monde… En Afrique du Sud.    

Cette semaine, BoulevarDoc vous donnera à voir des films de la même trempe. Dans Flamenco, flamenco de Carlos Saura, vous saurez tout, absolument tout des différentes écoles, sonorités, chorégraphies de cet art espagnol, des plus authentiques aux plus expérimentales.

Les Fils du vent de Bruno Le Jean vous plongera dans l’aventure drôle et insolite d’artistes manouches, libres de toute entrave et fermement décidés, dans leurs camps, caravanes ou appartements, à perpétuer l’héritage de Django Reinhardt. Plus près de chez nous, plus proche, peut-être, de nos sensibilités musicales, de notre vécu, Microphone de l’Égyptien Ahmad Abdalla montre la scène underground d’Alexandrie dans toute sa fraîche et bondissante diversité. D’autres documentaires aux synopsis aussi irrésistibles vous raconteront l’émergence de la scène Punk-rock irlandaise, le rock polonais ou encore le hiphop africain. Bref, un régal total.

Dernier détail pour la route: un «Boulevardoc Music video contest» sera organisé durant cette semaine pour consacrer le meilleur réalisateur marocain de vidéoclips et montrer une production jeune et débrouillarde qui, affirme Hicham Bajjou, «a trouvé dans internet et youtube spécialement une plateforme et une liberté d’expression propres à ce format, qui n’obéit pas aux règles du cinéma et de la continuité, et dont la seule règle est la créativité»